La suspension des exportations sur l'ensemble du territoire avait suscité une levée de boucliers du syndicat dominant, la FNSEA, jusqu'ici principal soutien de la stratégie d'éradication de la maladie mise en place par l'Etat.
Le ministère avait mis en avant des mouvements « illicites » d'animaux probablement à l'origine de la diffusion de la maladie hors de la Savoie et la Haute-Savoie, où la maladie est apparue pour la première fois en juin et a depuis été maîtrisée, avec la levée des restrictions mi-octobre.
Les fédérations d'éleveurs s'inquiétaient des conséquences de cette suspension sur les prix mais aussi des coûts supplémentaires engendrés pour nourrir les dizaines de milliers de jeunes bovins qui partent chaque semaine en Italie ou en Espagne pour y être engraissés, la France exportant pour plus d'un milliard d'euros de ces animaux par an.
Reprise anticipée des exportations le 1er novembre
« Afin de préserver la situation économique de la filière bovine et de soutenir tous les professionnels responsables qui ont consenti à des efforts majeurs », la ministre Annie Genevard a décidé « la reprise anticipée des exportations de bovins à compter du 1er novembre », est-il indiqué dans un communiqué publié jeudi. La suspension aura duré quinze jours au total.
Cette levée vaut pour les zones indemnes mais pas pour les zones réglementées autour des foyers de DNC repérés entre septembre et mi-octobre dans le Rhône, l'Ain, les Pyrénées Orientales et le Jura.
Il n'y a aucune raison pour que les prix baissent
La fédération nationale bovine (FNB), association spécialisée de la FNSEA, a salué la reprise des échanges, indiquant qu'il n'y avait « aucune raison pour que les prix » baissent.
Le marché des bovins était déjà tendu : la baisse du cheptel français, premier producteur européen, ces dernières années a entraîné une raréfaction des animaux qui soutenait les prix depuis des mois. Le surplus après quinze jours de blocage pourrait donc avoir un impact limité, vu la forte demande, notamment de l'Italie, l'Espagne ayant aussi suspendu les échanges à cause de la dermatose.
Le président de la FNB Patrick Bénézit appelle par ailleurs la ministre à obtenir rapidement « des accords bilatéraux », avec l'Italie et l'Espagne, pour permettre les échanges d'animaux venus des zones réglementées où la vaccination est obligatoire, ce qui restreint les exportations.
Interrogé plusieurs fois ces dernières semaines sur d'éventuelles discussions entre la France et ses voisins, le ministère n'a pas répondu.
Des contrôles en centre de rassemblement jusqu'au 16 novembre
Les centres de rassemblement de bovins seront par ailleurs soumis, jusqu'au 16 novembre, à des contrôles stricts pour assurer la traçabilité des déplacements d'animaux et « une réactivité sanitaire optimale en cas de besoin ». Les rassemblements festifs avec animaux restent interdits.
Le ministère se félicite qu'aucun nouveau foyer de DNC n'ait été déclaré en dehors des zones réglementées « confirmant l'efficacité de la stratégie sanitaire ».
Mais sur les trois dernières semaines, quinze nouveaux foyers ont été détectés dans les Pyrénées Orientales et dans le Jura notamment, contre sept foyers sur les neuf semaines précédentes. Depuis l'arrivée de la maladie en France, 95 foyers ont été enregistrés dans 63 élevages.
Plus de 2.600 animaux ont été abattus, la stratégie gouvernementale prévoyant le dépeuplement total des foyers comportant un ou plusieurs animaux malades.
Banette, la Prim’Holstein qui a produit 184 909 litres de lait en 14 lactations
« On ne peut pas garantir que la viande importée du Mercosur soit sans hormones »
Des Aubracs qui font des kilomètres pour pâturer et entretenir le territoire
Jules et Apolline, installés hors cadre familial : « Sans Terre de liens, ça n’aurait pas été possible »
Le fermier prioritaire sur la Safer en cas de vente
Le gouvernement annonce des mesures agricoles face à la crise de l’énergie
Décision de l'UE sur le Mercosur : au Salon de l'agriculture, on crie à la « trahison »
La guerre au Moyen-Orient tend les prix des engrais azotés en Europe
Prix des engrais : la tendance « clairement orientée à la hausse »
Guerre en Iran : hausse du gaz, du pétrole et des engrais, quels impacts pour l’agriculture ?