Les 130 millions d'euros d'aide affectés à la modernisation des abattoirs dans le cadre du plan de relance gouvernemental doivent aller en priorité vers les structures de proximité, estime jeudi la Confédération paysanne.
Début septembre, le gouvernement promettait un « plan de modernisation des abattoirs » afin notamment de « mieux répondre aux exigences d'hygiène alimentaire et de protection animale ». Il précisait vouloir aussi « améliorer la compétitivité de ces entreprises » et les préparer « au respect des exigences à l'export ». « Ces annonces restent floues et pour l'instant paraissent insuffisantes face à l'enjeu primordial de l'abattage de proximité », juge le syndicat agricole dans un communiqué. « Sans choix politique clair, nous courons le risque de voir ces 130 millions d'euros siphonnés, encore une fois, par les grands groupes industriels », avance-t-il. Selon l'organisation, « le volet du plan de relance consacré aux abattoirs doit se concentrer sur la pérennisation des outils de proximité et l'accompagnement des initiatives paysannes pour un abattage local ».
En parallèle, le Modef, quatrième syndicat agricole derrière la FNSEA (alliée aux Jeunes agriculteurs), la Coordination rurale et la Confédération paysanne, « demande que les aides prévues dans le plan de modernisation soient destinées aux abattoirs publics », en « graves difficultés économiques ». « Il est urgent de moderniser les outils d'abattage et de transformation pour les abattoirs publics afin de commercialiser les produits agricoles en vente directe du producteur au consommateur, de proposer aux collectivités territoriales des produits pour la restauration collective (cantine scolaire, Ehpad...) et surtout de sauver les éleveurs du numéro un de la viande », estime le Modef, en allusion au groupe Bigard.
En février, à l'issue d'une enquête sur les abattoirs publics d'animaux de boucherie (hors volailles et lapins), la Cour des comptes avait dit devoir « reposer la question du maintien de ces services publics, peu rentables, ou utilisés de façon quasi privative et exclusive par des industriels de la viande ». Elle considérait « que l'intervention des collectivités locales en matière d'abattage (avait) perdu ses justifications » et suggérait de développer de nouvelles modalités de gestion et l'abattage mobile.
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