« Le manque de disponibilité en fourrages complique la situation économique déjà préoccupante des élevages bovin viande », s’est inquiétée la FNB, à l’issue de son conseil d’administration mercredi 5 septembre 2018. « Le bilan de la situation des stocks de fourrages pour l’alimentation du bétail est alarmant. La question sur le fourrage et la paille est double : à quel prix et où trouver la marchandise ? »
Le syndicat, branche de la FNSEA, demande « l’exonération de la TFNB (taxe foncière sur les propriétés non bâties) et le déclenchement des procédures des calamités dans les plus brefs délais ».
« Alors que l’Allemagne et l’Irlande ont déjà annoncé un plan de soutien, les pouvoirs publics français ne semblent pas avoir pris conscience de la gravité et de l’urgence de la situation et se bornent à calculer la pousse de l’herbe ! L’État ne peut se contenter de l’avance des aides Pac. »
« Bien que la situation soit localement hétérogène en fonction des épisodes orageux, l’ensemble du territoire a été impacté par la forte canicule qui s’est installée à la mi-juillet. La réalisation de stocks de paille n’a pas pu être anticipée du fait de moissons particulièrement précoces, réalisées avant la survenue de la canicule. Cette situation s’étend dans l’ensemble des pays du nord de l’Europe. »
« Les stocks de fourrages réalisés au printemps sont d’ores et déjà entamés pour nourrir les animaux. Les producteurs de viande sont donc confrontés à une situation critique qui nécessitera d’opérer les adaptations nécessaires dans les exploitations, et dont la gravité dépendra de la météo des semaines et mois à venir. De plus, le manque de nourriture pourra se traduire par une baisse de l’activité d’engraissement alors que la consommation de viande se maintient à son niveau de l’an passé. »
« Ces nouvelles difficultés interviennent dans un contexte économique particulièrement déprimé. Les prix des bovins demeurent bas et ne permettent pas aux producteurs de viande de couvrir leurs coûts de production. Les opérateurs de la filière doivent se mobiliser pour permettre aux éleveurs de passer ce cap difficile en cessant la course aux prix toujours les plus bas, qui détruit tout un pan de l’économie nationale. »
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