La production laitière en Ukraine ne s’est pas arrêtée du fait des conflits. Les laiteries ont certes perdu des producteurs, mais ces derniers ont pu transférer leurs bovins en zone non occupée pour continuer à produire.
La guerre a apporté de nombreuses évolutions dans le fonctionnement de divers secteurs d’activité en Ukraine (voir le reportage à la ferme Kolos, près de Kiev). Et l’industrie laitière n’y a pas échappé. Pertes importantes de bétail, destruction d’entreprises agricoles, d’élevages, d’infrastructures logistiques dans les zones rurales, perturbations des approvisionnements, hausse des prix de l’aliment du bétail, du coût des produits vétérinaires, du carburant, etc., tout cela a eu un fort impact sur les volumes de lait produit. La guerre a d’ailleurs déjà entraîné une chute de production d’environ un million de tonnes de lait en lien avec l’occupation (25 % du territoire est en zone occupée). Les premiers mois ont été particulièrement difficiles.

Des régions en hausse de production
Dans les territoires occupés des régions de Soumy, Tchernihiv, Kherson, Kharkiv et Mykolaïv, les envahisseurs russes ont presque entièrement détruit des fermes avec leur cheptel. Heureusement, certaines ont réussi à évacuer leurs vaches dans des régions plus sûres. Avant la guerre, ces régions ont toujours eu une forte production laitière. Selon l’Association des producteurs de lait (AVM), l’Ukraine a produit, en 2022, 7,7 milliers de tonnes de lait, soit environ 12 % de moins par rapport à l’année précédente. Cette production se divise entre du lait produit à 34 % en élevages industriels – issus d’anciennes grandes unités de production comme les kolkhozes – et à 66 % chez des particuliers.
Un cheptel bovin national en baisse d’environ 15 %
Quelques régions d’Ukraine ont vu cependant leur production laitière augmenter du fait de la délocalisation de certains élevages (+ 23,4 % vers Tchernivtsi, + 21,5 % à Ternopil ou encore + 8,4 % à Vinnytsia).
La production moyenne par vache dans les grands élevages a diminué de seulement 1,5 % par rapport à 2021 (6 762 kg/VL/an). Mais le nombre de bovins dans le pays a globalement baissé, notamment au cours des premiers mois de la guerre, en lien avec les attaques et les destructions des Russes. Un petit pourcentage du bétail a pu être vendu à bas prix et, dans le meilleur des cas, transporté vers des régions moins exposées. Ainsi, selon le service des statistiques d’État, au début de février 2022, il y avait environ 2,7 millions de bovins, toutes catégories confondues. Et, à la fin de 2022, le nombre total de bovins comptabilisé était passé à 2,3 millions, avec 930 000 dans des exploitations industrielles et 1,38 million chez des particuliers.
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