Pour répondre à l'inquiétude grandissante des industriels, le ministre de l'agriculture Marc Fesneau a assuré samedi lors du Salon international de l'alimentation « faire en sorte » que les secteurs agricole et agroalimentaire soient « prioritaires » en cas de coupures d'électricité cet hiver.
Alors que nous célébrons aujourd’hui la #Journeemondialedelalimentation, j’ai eu le plaisir d’inaugurer hier le salon international de l’alimentation @sial_paris, réunissant tous les acteurs, producteurs et acheteurs, de l’industrie agroalimentaire française et internationale. pic.twitter.com/C2BU5WS63D
— Marc Fesneau (@MFesneau) October 16, 2022
Lors de l'inauguration de ce salon à Villepinte (Seine-Saint-Denis), le ministre a été interrogé à ce sujet par de nombreux industriels de la filière laitière, préoccupés par la flambée des prix de l'énergie et le risque de délestage.
« Le lait ne se garde pas », a prévenu Emmanuel Besnier, PDG du géant Lactalis, qui a demandé au ministre si le gouvernement envisageait d'exempter l'industrie laitière de potentielles coupures.
Dans le cas où l'alimentation électrique venait à être temporairement interrompue cet hiver, « nous avons veillé a faire en sorte que l'agriculture et l'agroalimentaire soient dans les sujets prioritaires », a répondu Marc Fesneau lors d'un point presse.
Le ministre a aussi espéré que les discussions européennes prévues la semaine prochaine à Prague apporteraient « de la visibilité », notamment sur une potentielle décorrélation des prix du gaz et de l'électricité.
Après avoir absorbé la flambée du coût de l'alimentation animale, l'industrie laitière doit désormais faire face à celle de l'énergie. Yvan Borgne, directeur commercial export de la coopérative laitière Laïta, a fait état de « factures de gazole en hausse de 20 %, de gaz multipliées par quatre ».
Des aides pour les industries "énergo-intensives"
Le ministre de l'Agriculture a assuré que l'Etat viendrait en aide aux « industries agroalimentaires énergo-intensives » pour tenter de réduire leur facture énergétique.
Une partie de ces hausses devra toutefois, selon lui, être « absorbée par le coût » - autrement dit, être répercutée dans le prix d'achat des produits par les supermarchés, puis dans le panier du consommateur.
Depuis plusieurs mois, les industriels bataillent avec la grande distribution pour obtenir ces hausses de prix qui, in fine, conditionnent aussi le revenu des éleveurs.
« Les hausses qu'on a fait passer sont de l'ordre de 15-20 %, mais il va falloir redoubler encore l'an prochain », a prévenu M. Borgne, soulignant le difficile compromis entre prix bas pour le consommateur et juste rémunération des agriculteurs.
Par ailleurs, Marc Fesneau a fustigé le « zèle » des distributeurs à infliger des pénalités logistiques à leurs fournisseurs en cas de retard de livraison. Il a estimé que le législateur pourrait être amené à intervenir si les abus devenaient trop nombreux.
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