« Deux mois pour s'excuser, c'est long », a dit M. Griveaux dans "Dimanche en politique" sur France 3. Le PDG de Lactalis, Emmanuel Besnier, a présenté vendredi des excuses publiques aux consommateurs et aux familles de victimes, via une lettre ouverte sur le site de l'entreprise, deux mois après le début de la crise du lait infantile contaminé aux salmonelles. Comme on lui demandait si le PDG devrait être poursuivi en justice, le porte-parole a répondu : « Ce n'est certainement pas à moi de le dire (...). Il y a une enquête qui est en cours. J'espère qu'elle déterminera les responsabilités précises de chacun, le producteur Lactalis et aussi des distributeurs, et que les sanctions qui seront prises seront exemplaires. » Vous comprendriez qu'il y ait un procès ? « Cela ne me choquerait pas », a répondu M. Griveaux.
Le parquet de Paris mène une enquête préliminaire depuis fin décembre, pour "blessures involontaires" et "mise en danger de la vie d'autrui", des délits relevant du tribunal correctionnel. Des perquisitions ont été menées mi-janvier sur cinq sites du groupe, dont le siège social de Laval et l'usine de Craon. Interrogé sur l'absence dans le projet de loi Travert de dispositions sur des sanctions accrues des entreprises comme Lactalis ne publiant pas leurs comptes, le porte-parole du gouvernement a déclaré qu'« il va y avoir des discussions au Parlement » et qu'un amendement en ce sens sera « peut-être réintroduit par les parlementaires ».
L'Assemblée n'a pas adopté le 25 janvier un amendement du MoDem Richard Ramos cosigné par plusieurs groupes pour sanctionner plus sévèrement les groupes agroalimentaires, comme le géant du lait, qui ne publient pas leurs comptes annuels, la majorité renvoyant le débat au prochain projet de loi sur l'agriculture. Par ailleurs, à l'initiative des députés socialistes, une commission d'enquête parlementaire va se pencher sur l'affaire Lactalis, pour « tirer au clair tous les dysfonctionnements au niveau de l'entreprise elle-même, de la grande distribution, de la surveillance administrative et de la communication du gouvernement », selon Olivier Faure.
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