Paris, 25 fév 2015 (AFP) - Entre piques acerbes anti-FN ou anti-socialistes et promesses aux agriculteurs d'une amélioration de leur situation s'il revenait au pouvoir, Nicolas Sarkozy a arpenté mercredi les allées du Salon de l'agriculture à Paris, où il a reçu un accueil chaleureux.
Pendant près de cinq heures, après une absence de deux ans Porte de Versailles, le président de l'Ump, décontracté et accompagné de plusieurs élus dont Guillaume Peltier, Henri Guaino et Guillaume Larrivé, est passé de stand en stand.
François Hollande n'avait-il pourtant pas prédit qu'il ne reviendrait plus ici, lui rappelle un journaliste ? « Encore une promesse non tenue ! », lâche l'ex-chef de l'Etat. En 2013, lors de sa première visite du Salon en tant que président, François Hollande avait été interrogé par un enfant : « il est où, Nicolas Sarkozy ? » « Tu ne le verras plus », avait-il lancé du tac au tac, en souriant.
De nombreux visiteurs l'applaudissent, lui donnent du « M. le président » ou l'interpellent familièrement par son prénom. Certains sont visiblement ravis. « Vivement qu'il revienne ! », s'exclame une quinquagénaire. « On compte absolument sur lui pour 2017 », renchérit son voisin. A l'inverse, d'autres sont moins tendres : « Nous avons été déçus par le président normal mais nous ne voterons pas non plus pour Sarkozy », assure un couple de retraités, représentatif des 78 % de Français (selon un sondage Bva) qui ne souhaitent pas sa présence à la prochaine présidentielle. Il y a même deux ou trois visiteurs qui crient au loin « Casse-toi pauv'con », référence à la réplique cinglante assénée en 2008 par M. Sarkozy à un homme qui avait refusé de lui serrer la main.
A ceux qui seraient tentés de voter pour Marine Le Pen (FN), Nicolas Sarkozy lance : « Cette dame, je ne veux pas parler d'elle, c'est un symptôme, pas une solution, le symptôme d'une grande angoisse qui peut se transformer en colère », met-il en garde.
Le probable futur candidat à la primaire de son camp délaisse la foule à intervalles réguliers pour aller s'entretenir avec les céréaliers, éleveurs, producteurs de lait, de fruits et légumes, viticulteurs, brasseurs de bière... Il parle compétitivité, baisse des charges, régulation des prix, soutient que les normes ne doivent pas être « sur-transposées » mais calquées sur « les normes moyennes européennes ». « J'avais fait voter la Tva (sociale). Pourquoi les socialistes l'ont-ils cassée ? La filière élevage est à genoux », s'emporte-t-il. « Leur volonté de détruire est plus grande que la défense des intérêts français », assène l'ancien président devant des céréaliers qui demandent à « être considérés comme des gens responsables » et confient leur « ras-le-bol » des normes imposées. « Pour les socialistes, l'agriculteur est un cantonnier, un élément du décor rural, une survivance du passé », leur dit Nicolas Sarkozy. Pour revenir au pouvoir, « on va rédiger un projet en moins de dix mesures, avec des annexes », promet-il.
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