Parmi les productions les plus touchées par la sécheresse de l’été, la pousse de l’herbe est probablement la plus impactée. « Les premières enquête sur le Massif Central montrent un déficit de récolte entre 45 et 75 % sur la première coupe », a expliqué Christine Valentin, présidente de la chambre d’agriculture de la Lozère, lors de la conférence de presse de rentrée des chambres d’agriculture le 6 septembre. Et la deuxième coupe a été quasi-inexistante, « nous avons vu les difficultés que les éleveurs auront à nourrir les animaux l’hiver », explique-t-elle, alors que sur certaines exploitations, le fourrage a été donné dès juin aux animaux.
Un bilan fourrager, la première chose à faire
« La première chose à faire, c’est d’accompagner les agriculteurs pour faire des bilans fourragers », indique l’agricultrice. Il s’agit ainsi d’anticiper au mieux les besoins, réfléchir aux achats d’alimentation et bien les cibler dans un contexte de flambée des prix. « Nous essayons de les orienter vers des vendeurs potentiels, mais c’est compliqué, le prix a augmenté et le coût du transport est très élevé », en lien avec l’explosion des prix de l’énergie, explique Christine Valentin.
Les maïs, ensilés dès fin juillet – début août car ils séchaient sur pied, serviront uniquement à faire ruminer les animaux mais leur qualité nutritionnelle médiocre obligera les éleveurs à apporter un complément alimentaire. « Toutes ces exploitations qui n’ont pas récolté la quantité habituelle se rabattent sur le foin », dans un contexte déjà compliqué, détaille l’éleveuse.
Les conseillers des chambres d’agriculture ont, après la première récolte, accompagné les éleveurs dans l’idée d’obtenir une autre récolte à l’automne afin de compenser le manque. « Dès la moisson, nous avons implanté des sorghos, des ray grass, pour apporter une solution », des semis qui ont réussi à lever grâce aux pluies tombées autour du 15 août dans cette région. Cependant, cette solution ne fait que limiter la casse et ne permettra pas de compenser en quantité le manque de fourrage.
« Les éleveurs vont vendre des animaux »
Conséquence de ces difficultés, « les éleveurs vont vendre des animaux que normalement ils engraissent, et les vaches vont être réformées plus tôt qu’une année normale », observe Christine Valentin qui constate que les animaux arrivent dans les abattoirs depuis la descente d’estive. « Beaucoup de ces réformes partent aux abattoirs plutôt qu’à la reproduction, il va y avoir une décapitalisation cet automne et les années prochaines », ajoute-t-elle.
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