Les éleveurs de canards et de volailles du Sud-Ouest se préparent à un abattage massif au coeur du pays du foie gras, pour tenter d'endiguer la propagation fulgurante de la grippe aviaire, ont indiqué des syndicats et responsables agricoles à l'AFP mercredi soir.
« Un vide sanitaire est quasi certain », a estimé la présidente de la Chambre d'agriculture des Landes Marie-Hélène Cazaubon, à l'issue d'une réunion mercredi soir en préfecture avec les autorités, les syndicats et les interprofessions.
Selon les syndicats agricoles Confédération paysanne et Modef, les abattages pourraient concerner jusqu'à « 2,5 millions d'animaux », « en plus des élevages déjà vidés (plus d'un million de volailles) ». Des estimations qui n'ont, à ce stade, pas été confirmées par le ministère de l'agriculture.
À la date du 17 janvier, la France comptait 216 foyers d'influenza aviaire hautement pathogène, dite grippe aviaire, en élevage, 22 cas en faune sauvage et 5 cas en basses-cours, selon les chiffres publiés par le ministère de l'agriculture.
Les deux tiers de ces foyers sont concentrés dans le sud des Landes, un territoire dense en exploitations agricoles, qui compte environ 1 300 éleveurs de poulets et 850 de canards. En cinq jours, le nombre de foyers touchés dans le département est passé de 94 à 144, selon les chiffres du ministère.
A la mi-janvier, 421 000 volailles et 246 000 canards avaient déjà été abattus dans les Landes. Pour faire face à la crise, quatre abattoirs ont été réquisitionnés, s'ajoutant à une plate-forme d'abattage provisoire, a indiqué la préfecture mercredi soir.
« L'urgence, c'est de vider les zones jusqu'à 3 km autour des foyers » car « on a le sentiment que le virus est hors de contrôle », a expliqué Mme Cazaubon, également éleveuse de canards, qui s'attend à « une décision du ministre » jeudi. La situation est « dramatique », pour Mélanie Martin, présidente du Modef des Landes (syndicat minoritaire), qui s'attend à « 2,5 millions de volailles et de canards abattus uniquement dans le Sud-Ouest ».
Si un tel chiffre était confirmé, la crise actuelle pourrait être aussi catastrophique que celle de l'an dernier : l'épizootie avait entraîné l'abattage de 3,5 millions de volailles, principalement des canards dans le Sud-Ouest.
Selon le syndicat FDSEA, majoritaire dans les Landes, l'abattage et le dépeuplement des élevages devraient durer entre 15 jours et trois semaines, avec une reprise de l'activité espérée « vers le 15 avril », après le contrôle, le nettoyage et la désinfection des exploitations.
En 2021, la perte globale pour la filière palmipèdes gras a été évaluée par le Cifog (interprofession du foie gras) à 150 millions d'euros - et autour de 500 millions d'euros pour l'ensemble de la filière avicole selon certains syndicats.
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