Le président du principal syndicat agricole français, qui a échangé samedi à Annecy avec des éleveurs locaux et des spécialistes, souhaite « être reçu par le Premier ministre Manuel Valls pour lui demander de mettre en oeuvre le scénario d'abattage des bouquetins du massif du Bargy, ordonné à deux reprises par les pouvoirs publics, puis abandonné », a indiqué à l'AFP Bernard Accoyer, député LR de Haute-Savoie et maire d'Annecy-le-Vieux, qui participait à cette réunion.
Revenant sur le choix de l'abattage massif, acté en septembre 2015 par le préfet de Haute-Savoie, les pouvoirs publics ont décidé de procéder à un « assainissement sélectif des animaux restant sur le massif, afin de constituer un noyau sain », selon une directive du 12 mai signée notamment par les ministres de l'Environnement Ségolène Royal et de l'Agriculture Stéphane Le Foll. Ce revirement a suscité la colère des éleveurs et a été salué par les défenseurs de l'environnement.
La maladie risque de se propager à d'autres massifs
La brucellose est une maladie infectieuse, qui risque selon les éleveurs de contaminer leurs troupeaux. « Avec les atermoiements du gouvernement, si on attend trop, la maladie risque de se propager à d'autres massifs », relève M. Accoyer. Et « de l'avis des spécialistes, le protocole d'assainissement sélectif serait inefficace, long, coûteux et dangereux pour les personnels chargés de diagnostiquer la maladie chez les bouquetins », poursuit-il.
Quelques 300 bouquetins ont été recensés dans le Bargy, dont 40 % sont atteints de brucellose. L'enjeu est crucial pour la filière reblochon, le massif comptant 62 élevages bovins laitiers. Dans un rapport de juillet 2015, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) estimait impossible de parvenir à un abattage total des bouquetins et suggérait une combinaison de mesures sur au moins cinq ans pour éviter la propagation de la maladie aux autres massifs : vaccination, euthanasie sélective, surveillance... Elle qualifiait aussi de « quasi-nul » le risque de transmission de la maladie à l'homme.
Chez Matthieu Carpentier, le silo libre-service va fêter ses 50 ans
Quand l’occupation gratuite devient-elle une donation rapportable ?
« J'ai toujours la même pailleuse, une occasion achetée 1 500 € il y a 20 ans »
Irlande, Italie, Allemagne, Pologne… Comment nos voisins gèrent la décapitalisation bovine ?
Prix du lait 2025 : comparer le prix de votre laiterie à celui des voisines
Quand déclencher le premier apport d’azote sur prairie ?
Engrais, élevage, légumineuses, les enjeux d’une indépendance azotée pour l’agriculture européenne
Les industriels privés demandent l’aide des producteurs
Déclin agricole français : analyser les causes... pour préparer le rebond ?
Prix du lait : des perspectives « incertaines », mais « très probablement orientées à la baisse »