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Robot de traite« Nous visons les 800 000 l par stalle »

Livrer 800 000 l de lait sur une seule stalle de robot, c'est possible à condition d'emmener son troupeau sur un haut niveau de production. Deux éleveurs donnent leur avis à ce sujet et Jean-Pierre Viel livre les clefs de réussite en rappelant l'essentiel : rester rentable avant tout.

« Je livre 700 000 l de lait depuis deux ans avec 60 vaches laitières sur une stalle en robot de traite, mais je sais que je peux aller plus loin », témoignait Cyril Robert, éleveur en Ille-et-Vilaine (35) à l'occasion d'un webinaire organisé par Eilyps sur la performance en élevage.

Et selon Jean-Pierre Viel, consultant robot et nutrition pour Eilyps, c'est tout à fait possible d'atteindre les 800 000 l de lait par stalle. Mais pour cela, il faut s'entourer de vaches hautes productrices. « Pour livrer 800 000 litres sur la campagne, on sera à 2 300 kg/j. » Et pour ce faire, il faudra viser 35 à 38 kg par vache pour limiter le troupeau à 60 ou 66 VL.

Pas de perte de temps à la traite

« Pour atteindre cet objectif, il faudra traire vite et bien », explique-t-il. Mais hors de question d'altérer la traite : il s'agit de présenter des vaches propres à un robot propre et bien entretenu. « Le but est de ne pas perdre de temps : le robot doit fonctionner 24h/24. Pour cela, pas de traitement dans la stalle. Il faudra aussi veiller à ce qu'on ait un maximum de traites réussies, d'où l'intérêt de sélectionner des vaches dites efficaces au robot (en vitesse de traite, notamment). »

Repères de fréquentation du robot : 2,5 à 2,9 traites/vache.

Autour du robot, on pourra jouer sur les paramétrages pour en améliorer l'efficacité. Cela passe par la pulsation et le niveau de vide, « tout en veillant à ce qu'il n'y ait pas de dégradation des trayons ou de la qualité du lait. » Concernant la fréquence de traite, l'expert recommande de « ne pas être trop permissif. C'est à dire, limiter les traites de moins de 10 kg. »

« Notre priorité : le pâturage »

Pour ceux qui cumulent robot de traite et pâturage, Jean-Pierre Viel recommande de « bien s'organiser pour que le robot ne s'arrête jamais » ainsi que de ne pas prendre de risque au niveau nutrition.

À la SCEA Saint-Péran en Ille-et-Vilaine (35), Henri de Kerdanet privilégie le pâturage à la saturation du robot. Il explique : « La surface accessible est de 15 ares par vache et on y tient. Avec 60 vaches, on est à 2 000 l/j mais je pense qu'on peut arriver à 2 200 l sans trop de difficultés. Ce qui nous bloque, c'est la capacité du robot à faire plus de traites par jour. »

Son objectif : maximiser le litrage par vache. « Si on a trop de vaches sur une stalle, on se retrouve avec des incidents, des retards à gérer et ça met trop de pression. » Autre levier identifié par l'éleveur : introduire les génisses de façon individuelle plutôt que par lots car « ça perturbe moins le travail ».

Rester rentable avant tout

« On constate deux situations différentes en élevage :

- le fait de démarrer en robot avec un objectif de 800 000 l ;

- ou l'augmentation progressive après une phase d'adaptation au robot (la situation la plus confortable).

Dans tous les cas, il faut suivre la marge sur coût alimentaire. La rentabilité dépendra du business plan. »

Passionnée par l'élevage bovin, me voilà journaliste élevage puis rédactrice en chef de Web-agri. J'ai la chance de visiter un grand nombre de fermes et de rencontrer beaucoup d'éleveurs. Articles techniques, trucs et astuces, reportages... : j'essaie de vous accompagner au quotidien et de mettre à l’honneur chaque système, aussi différent soit-il. Je suis convaincue qu’il y a de bonnes idées à piocher un peu partout. D'ailleurs, à quand un reportage chez vous ? ;)

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