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ReportageG. Baloche (50) : « Notre objectif : produire un maximum de kg/ha d'herbe »

Récemment installés dans la Manche, Mathilde et Guillaume Baloche ont conçu un système d'engraissement 100 % pâturage. Pour leur première saison, ils ont notamment hiverné 170 animaux sur 40 ha de prairies.

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C'est à quelques kilomètres de Coutances, à Ouville dans la Manche (50) que Mathilde et Guillaume ont posé leurs valises en mai 2021 dans une ancienne ferme laitière. Ils ont souscrit un bail sur les 42 ha de terres accolées, car ils souhaitent  engraisser des animaux à l'herbe. Tous deux déjà bien actifs dans la vie, ils voulaient bâtir un système herbager simple mais efficace. Guillaume étant notamment consultant et formateur pour Pâturesens, son objectif est clair : « produire un maximum de kg de carcasse à l'hectare d'herbe ».

Un parcellaire à aménager

À son arrivée, le couple a commencé par resemer en herbe les parcelles historiquement cultivées en maïs (mélange ray-grass anglais/trèfle blanc), puis débroussailler les terrains, créer les chemins d'accès, amener l'eau partout, refaire les clôtures. Coût de l'opération : 20 000 €, matériel et montage compris.

Plan de pâturage
Les éleveurs ont découpé les prairies en une parcelle d'1 ha environ qu'ils conduisent au fil avant et arrière. (©Terre-net Média)

« Le but est de tirer un maximum de profit de ces 40 ha en y consacrant le moins de temps et le moins d'investissement possibles. » Pour cela, ils ont établi un plan clair du parcellaire afin de pratiquer du techno grazing ( pâturage au fil) sur un dixième d'hectare par paddock.

Une fois tout en place, ils ont commencé à chercher des animaux mais le marché était limité : « On comptait sur une sécheresse mais elle ne s'est pas produite, plaisante Guillaume. On a pris ce qu'on trouvait : des broutards et des petits veaux. Et à l'automne, on a récupéré des Holsteins de réforme qu'on compte terminer d'ici juillet. »

Objectif : 1 000 g/j de GMQ au printemps

La ferme en est à ses débuts. Elle a hiverné cette année 170 animaux en plein air intégral, avec du bale grazing en complément sur certaines parcelles. « Il y avait de l'herbe à récolter quand on est arrivé au printemps, d'où l'enrubannage. Mais par la suite, on vise le zéro stock. On préfère valoriser l'herbe tant qu'il y en a, et diminuer le cheptel ou acheter du stock à l'extérieur s'il en manque. »

Pour la prochaine saison, ils continuent de viser les veaux laitiers afin d'engraisser une seule catégorie d'animaux. « Dans l'idéal, les veaux arriveraient sevrés début avril. On ferait une grosse période de GMQ sur 3 mois jusqu'en juillet (objectif : 1 kg/j). Puis on les pousserait jusqu'en juillet de l'année d'après pour pouvoir les vendre à 260 kg de carcasse minimum en contrat Herbopacte avec Charal. »

La contention : leur meilleur allié

En janvier 2022, les éleveurs ont installé leur parc de contention. « On aurait dû commencer par ça, regrette Guillaume. Au début, on a perdu du temps et de la croissance avec des soucis de santé sur certains animaux car il était difficile de les isoler. On avait fait trois lots pour démarrer mais maintenant, on pèse tous les mois et on réallote tout le monde en fonction des poids. On devrait se retrouver avec cinq lots au total. »

« On a aussi un apprenti et on peut le laisser manipuler les animaux grâce à la contention sans avoir de soucis de sécurité. »

Concernant le bâti de l'exploitation, les éleveurs disposent aussi de l'ancienne stabulation des vaches laitières. Ils réfléchissent à sa valorisation car elle est actuellement bien vide. « On pourrait peut-être faire des veaux en phase lactée, c'est une piste. » Affaire à suivre donc...

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