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Gaec Crèvecœur (76) – SalersFaire plus de veaux avec moins de vaches

Au Gaec Crèvecœur en Seine-Maritime, tout est organisé autour du vêlage 2 ans. Choix génétiques, conduite du troupeau ou encore alimentation sont optimisés pour limiter la part d’animaux improductifs sur l’exploitation, et assurer la rentabilité de l’atelier bovin viande.

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Au Gaec Crèvecœur à Tocqueville sur Eu (76), les vaches ont toujours vêlé à 2 ans : les laitières par le passé, puis les Salers, produites sur l’exploitation depuis 1972. Ici, tout est pensé pour pouvoir faire plus de veaux avec moins de vaches. Pour Alban Crèvecœur, le calcul est simple « Avec 70 ha de prairie, je ne pourrais avoir que 105 vaches en vêlage 3 ans. Avec le vêlage 2 ans, j’en ai 140 : c’est 35 veaux produits en plus chaque année. »

Pour l’éleveur, qui achète l’intégralité de sa ration hivernale, limiter la part d’animaux improductifs est essentiel pour garantir la rentabilité de son atelier. Le vêlage 2 ans est également un bon moyen de faire monter rapidement le niveau génétique de son troupeau. En 10 ans, 5 générations voient le jour sur l’exploitation grâce au vêlage 2 ans, contre 3,3 avec le vêlage 3 ans.  

Un troupeau à très haut potentiel génétique

Alban Crèvecœur travaille beaucoup sur la génétique afin de bénéficier d’animaux qui collent à sa conduite d’élevage. « Pour faire du vêlage 2 ans, je regarde principalement la capacité de croissance, le développement squelettique, l’allaitement et l’aptitude au vêlage des filles. J’oriente clairement le choix de mes taureaux vers le développement squelettique plutôt que vers la viande. » Et la sélection semble porter ses fruits. Si en 1992, les génisses partaient à la repro à 15 mois avec un poids de 400 kg, elles sont aujourd’hui saillies à 12 mois pour un poids autour des 430 kg.

Maillage, taureau sans cornes Salers
Maillage, taureau sans cornes Salers. (©Terre-net Media)

Pour améliorer sa génétique, l’éleveur choisit des taureaux bien indexés. Certains sont issus de l’exploitation, comme Druide, Haltère ou encore Baron, à qui Alban Crèvecœur octroie une bonne partie des progrès génétiques de ces dernières années. D’autres, comme Sancy ou Hibou, ont été achetés. L’éleveur, féru de génétique, pratique aussi l’IA. « Cela me permet en théorie d’améliorer le niveau génétique du troupeau, mais beaucoup de mes bêtes ont déjà un très bon niveau d’index. Au final, je me sers plutôt de l’IA comme une assurance au cas ou je choisirais mal un taureau, mais j’aimerais davantage travailler sur cet aspect ».

Le vêlage 2 ans demande de la rigueur et des repères

Pour faire vêler ses génisses à 2 ans, il faut être vigilant sur les aspects sanitaires de la conduite de troupeau. Les vêlages groupés à l’automne se déroulent autant que possible en extérieur. « C’est très important car au pâturage, on limite la transmission des maladies. Pour faire vêler à deux ans, il ne faut pas d’embûches. Si les veaux sont malades, généralement on ne rattrape pas le retard. Il faut également bien séparer les lots. Dès qu’il y a plus de 15 jours d’écart d’âge, je fais des lots différents pour éviter les risques de coccidiose ou de cryptosporidiose. » Le sevrage est volontairement tardif, autour des 10 mois de l’animal. « Tant que la vache nourrit bien son veau, autant en profiter plutôt que de payer une ration ! ».

Une alimentation permettant l’expression du potentiel génétique

Alban Crèvecœur conseille de séparer les génisses des vaches. « Lorsqu’une vache met 30 minutes à manger sa ration, une génisse a besoin de 3 h. Les séparer évite la compétition ». La pesée tient également une place importante pour s’assurer de la croissance régulière des veaux. Cela permet de mettre en évidence les accidents de croissance, ou la présence de parasites. C’est également un bon moyen d’avoir des repères. La ration hivernale a été pensée pour permettre aux vaches d’exprimer leur potentiel génétique. Pour ce qui est des génisses, « j’essaie de faire en sorte qu’elles n’aient pas un trop gros veau. Si elles manquent d’herbe au pâturage, elles auront de la paille mais pas de concentré, quitte à les complémenter après le vêlage si besoin ».

Poursuivre la démarche en maîtrisant les IVV

Avoir plus de veaux avec moins de vaches passe aussi par la réduction des IVV. « Pour moi, la repro s’anticipe avant même le vêlage. Pour ce faire, j’apporte du sélénium et de la vitamine E sur les gestantes pour aider à la reprise. Avec des vaches en bon état après le vêlage, il est courant qu’elles soient en chaleur 18 jours après la mise bas. C’est ce qui me permet d’avoir un IVV autour des 360 jours sur le troupeau. »

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