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Gaec du Porche (76)« C'est la clarté d'une usine de textile qui m'a inspiré ce bâtiment d'élevage »

« C'est la clarté d'une usine de textile qui m'a inspiré ce bâtiment d'élevage »

Vu de loin, on se demande ce que ce bâtiment peut bien abriter... Des vaches tout simplement ! Damien Capron du Gaec du Porche (76) s'est inspiré des toits d'usine pour concevoir sa stabulation vaches laitières. En plus des filets brise-vent sur chaque longueur, les pans verticaux de la toiture, orientés au nord, assurent une grande luminosité et une bonne aération pour le troupeau.

Depuis son installation en 1987 sur la ferme familiale, Damien Capron, éleveur laitier à Sauchay (Seine Maritime - 76) n’avait pas apporté de grandes modifications à la stabulation des vaches. Mais en 2016, mieux que des améliorations, c’est un tout nouveau bâtiment qui a vu le jour.

« Anciennement en aire paillée, j’avais beaucoup de mammites à gérer. À mes yeux, je passais aussi trop de temps à transporter de la paille et du fumier. Je voulais également séparer un peu plus la ferme de l’habitation car, comme dans beaucoup d'exploitations, le bâtiment était très proche de la maison. »

« Faire entrer la lumière mais pas la chaleur »

En passant de l'aire paillée aux logettes, hors de question pour l'éleveur d'avoir un bâtiment avec de fortes odeurs d'ammoniac : il voulait un maximum de luminosité et de ventilation.

C'est finalement en visitant une usine de textile à titre personnel que le déclic s'est fait : « J’ai découvert l'intérieur d'un fameux bâtiment shed [ dans le jargon des architectes, cela qualifie le toit en dents de scie, NDLR]. Les pans verticaux de la toiture exposés au sud faisaient rentrer une lumière impressionnante. C’est ce qui m’a tout de suite plu. » L’éleveur est alors allé visiter un autre bâtiment en Haute-Marne, agricole cette fois-ci, ce qui l'a convaincu encore davantage.

Stabulation vaches laitières avec toiture shed inspirée d'une usine
La stabulation du Gaec du Porche (76) est un assemblage de quatre modules monopentes, de la même façon que la toiture d'une usine (pour information en bas à droite de l'image). (©Gaec du Porche/CC)

Damien a fait appel au constructeur Roiné qui a alors bâti 4 modules de 12 m de long pour une largeur totale de 31 m accolée à la laiterie et au laboratoire de transformation que l'éleveur a monté dans la foulée dans l'objectif de transformer des glaces.

La stabulation est conçue pour les vaches laitières seulement. Les veaux sont logés en igloos puis partent sur le 2 e corps de ferme qui élève les génisses. Elles ne reviennent que pour le vêlage. Les vaches taries, elles, occupent les anciennes installations à quelques mètres de la nouvelle construction.

Pour en revenir à la particularité de la toiture, Damien Capron explique : « En usine, l'objectif est de faire entrer la lumière et la chaleur sur le pan vertical orienté au sud en isolant la partie nord. Là, on a fait l'inverse en mettant le pan vertical vers le nord pour éviter d'avoir un effet serre. En plus, même au nord, les ouvertures apportent une grande clarté. »

En plus, trois des quatre pans sont équipés d'un rideau amovible. « J'ouvre assez régulièrement en vérifiant la météo et les vents. Il est même possible d'automatiser l'ouverture en la couplant à une station météo. Ici, c'est manuel et ça suffit », ajoute-t-il.

Salle de traite 2x12 TPA de Delaval
Damien Capron a choisi d'installer une 2x12 TPA de Delaval. Une salle de traite d'occasion pour laquelle il a eu du mal à trouver un installateur. (©Terre-net Média)

À l'intérieur, deux doubles rangées de logettes avec matelas pour un total de 128 places. Les deux aires d'alimentation se trouvent de part et d'autre du bâtiment avec un filet brise-vent sur chaque longueur, de quoi ouvrir pleinement le bâtiment l'été. Au niveau de l'aire d'exercice, les trois couloirs sont raclés et celui du milieu sert d'aire d'attente. Pour la salle de traite, l'éleveur a opté pour une 2x12 TPA de Delaval d'occasion. Au total, le bâtiment représente un coût de 800 000 € (tout équipé) pour le Gaec du Porche.

Et si c’était à refaire ?

À quatre ans de la retraite, en voyant l'évolution de sa structure, l'éleveur a de quoi être satisfait. Quelques petits couacs tout de même en ce qui concerne le bâtiment...

« La salle de traite, est trop glissante et la pente pour y rentrer est trop importante. On y a mis des tapis pour limiter les glissades mais ça reste limite », explique-t-il. Aucun regret en revanche pour le matériel d'occasion, même s'il confie avoir eu du mal à trouver une entreprise qui accepte de l'installer.

Si c'était à refaire, l'éleveur confie qu'il ne monterait plus de cornadis : « Les vaches qui attendent pour une intervention (IA ou autre) y restent bloquées trop longtemps à mon goût. J'aurais dû prévoir une plus grande infirmerie pour que les vaches à l'isolement soient en liberté. »

Mais ce sont les filets brise-vent qui lui ont donné quelques sueurs froides : « Celui exposé plein ouest n'a pas résisté lors d'une grosse tempête et s'est cassé. L'armature n'était pas assez solide, on a dû la refaire. Il ne faut pas oublier que nous sommes en bord de mer avec des vents violents. On a déjà atteint les 130 km/h depuis la mise en route du bâtiment. »

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