Après « la sidération », c’est désormais « la colère » qui anime les producteurs de lait de l’Unell qui livrent à Lactalis. Après une réunion infructueuse début janvier, le groupe a décidé de maintenir en janvier le prix payé en décembre.
« Un prix du lait qui placera Lactalis en bas de tableau », déplore la section Lait de la FRSEA de l’Ouest, qui a réagi le 10 janvier. « C’est surtout un prix du lait qui est loin des besoins des éleveurs au regard de l’évolution des coûts de production et des investissements nécessaires pour maintenir leur activité et attirer des jeunes », dénonce la FRSEAO.
Le graphique des « bons et mauvais élèves » de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) place en effet Lactalis en fin de classement des laiteries.
La FRSEAO rappelle que la loi Egalim doit être respectée et se dit prête à se mobiliser en ce sens, « face à un industriel international omnipotent », pour éviter que ce soit « toujours le rapport de force qui fasse référence dans la négociation du prix du lait ».
Prendre en compte la hausse des charges dans les négociations commerciales
Dans un communiqué diffusé le 10 janvier, la FNPL alerte, plus largement, sur la nécessité de respecter la loi Egalim 2 qui sanctuarise la matière première agricole, et qui doit permettre de prendre en compte la hausse des charges des éleveurs laitiers.
« Moins d’un mois avant la fin des négociations commerciales, le travail des éleveurs doit être respecté. La FNPL s’opposera à tout retour en arrière, et au non-respect de la loi », insiste le syndicat.
« La défense du pouvoir d’achat, leitmotiv constant de Bruno Le Maire, a aujourd’hui fait des dégâts : les distributeurs l’entendent, le suivent ainsi que certains industriels, et sont prêts à mettre un coup de canif à la rémunération des producteurs et par conséquent accentuer la déprise laitière. Vider nos territoires sera leur responsabilité commune : la FNPL luttera contre cette absurdité économique, sociale et environnementale », ajoute la FNPL, qui en appelle au nouveau premier ministre, Gabriel Attal, afin de faire respecter la loi.
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