Le ministère de l'agriculture a annoncé lundi des mesures pour limiter les risques de propagation de l'influenza aviaire tout en préparant la campagne de vaccination et en accélérant l'indemnisation des éleveurs.
Jusqu'à 80 millions de doses de vaccin contre la grippe aviaire - à raison de deux par animal - doivent être injectées aux canards à partir d'octobre et ce, dans « tous les élevages commerciaux », a précisé le ministère, nommant aussi bien les « canards mulard » (élevés pour le foie gras) que « de Barbarie » ou « Pékin », sur l'ensemble du territoire métropolitain, Corse exclue.
La vaccination est « interdite » dans les élevages de canards reproducteurs pour tous ceux dont la production est destinée à l'exportation afin de « ne pas bloquer certains flux commerciaux ». A contrario, pour les établissements visant le « commerce national exclusivement », le volontariat continuera de s'appliquer. Le ministère a prévu de prendre en charge 85 % du coût de la campagne de vaccination, selon un communiqué.
Il compte « réduire progressivement la densité de canards dans les élevages » pour « limiter le risque d'apparition d'une nouvelle vague épizootique » dans 45 communes « les plus densément peuplées en palmipèdes », dans la Région Pays-de-la-Loire et le département des Deux-Sèvres (Nouvelle-Aquitaine).
A partir de juillet, l'introduction de nouveaux canards sur ces sites devra progressivement être limitée aux animaux vaccinés. Et dès octobre, tous les spécimens devront l'être. « Une quarantaine » d'autres sites « stratégiques pour la génétique aviaire » sont également visés.
Les pertes occasionnées par les éleveurs seront « prises en compte » par le ministère, est-il précisé dans le communiqué.
Pour « compléter le dispositif d'indemnisation », le ministère annonce également que des avances seront accessibles à partir de vendredi pour les éleveurs touchés, « à hauteur de 50 % au maximum des pertes estimées ».
Par ailleurs est prévu à l'automne 2023, sous condition de validation par la Commission européenne, une indemnisation de l'ensemble « des pertes d'excédent brut d'exploitation » liées à l'épizootie d'influenza aviaire « dès lors que cette perte est supérieure à 20 % » pour les exploitants. Une revalorisation des barèmes d'indemnisation a par ailleurs été annoncée.
Pendant la saison 2022-23, quelque 10 millions de volailles ont été abattues, selon un bilan du ministère de l'agriculture publié fin juin.
La grippe aviaire n'a toutefois pas totalement disparu de l'Hexagone : quelque 17 500 dindes ont été abattues début juillet après qu'un foyer a été déclaré dans un élevage à Airon-Notre-Dame (Pas-de-Calais). La France est à un niveau de risque « négligeable » depuis juillet 2023.
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