La filière foie gras a assuré jeudi qu'elle allait « se relever » de la grippe aviaire, même si le virus est déjà de retour après avoir décimé les élevages et amputé d'un tiers la production cette année.
« En sept ans, nous avons vécu quatre crises. On se relève à chaque fois, on continuera à se relever », a martelé le président de l'interprofession du foie gras (Cifog), Eric Dumas, lors d'une conférence de presse. « On ne peut pas imaginer ne pas avoir de foie gras, de magret, de confit dans notre pays », a-t-il ajouté. Magrets et confits de canard sont issus des palmipèdes élevés pour le foie.
« Je suis sûr qu'à terme, on va s'en sortir », a déclaré de son côté le ministre de l'agriculture, Marc Fesneau, évoquant l'« espoir notable » suscité par l'expérimentation d'un vaccin.
Le virus a déjà fait sa réapparition dans les élevages français, avec près de 30 élevages infectés depuis août, dont deux élevages de canards gras. Plus de 300 000 volatiles ont été abattus.
Entre l'automne 2021 et le printemps 2022, les aviculteurs ont vécu leur pire crise liée à la grippe aviaire. Plus de 20 millions de volailles (canards mais aussi dindes, poulets, poules...) ont été abattus dans les élevages infectés ou de manière préventive, pour stopper la progression du virus.
Près de quatre millions de canards ont été éliminés dans la filière foie gras. Six millions d'autres n'ont pas été mis en production, car les bâtiments d'élevage ont dû être vidés de manière prolongée, ou faute de canetons - les canards reproducteurs ayant aussi été décimés, selon le Cifog. Résultat : la production de foie gras est attendue en baisse « de l'ordre de - 30 % à - 35 % » en 2022.
L'offre sera donc réduite pour les fêtes de fin d'année et les prix vont augmenter. En moyenne, la tranche de 40 grammes devrait coûter autour de quatre euros (+ 50 centimes sur un an). Les professionnels invitent les amateurs à anticiper leurs achats pour être assurés d'en trouver.
Les grands pays concurrents que sont la Hongrie et la Bulgarie ne devraient pas être en mesure de pallier ce recul de l'offre. Pas épargnés par la grippe aviaire, ils « dépendent des canetons de chez nous », souligne la filière.
En France, abattoirs et ateliers de transformation doivent « recourir au chômage partiel de longue durée faute de matière première ».
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