Les volaillers français ont dit mercredi vouloir développer davantage l'élevage standard, en bâtiment, dans l'espoir de « reconquérir » des parts de marché sur les produits importés, moins chers.
« Le développement va probablement s'orienter vers des productions standard, mais en améliorant les bâtiments », notamment en y introduisant de la lumière naturelle, a déclaré Jean-Michel Schaeffer, président de l'interprofession des volailles de chair (poulets, dindes, canards à rôtir...), l'Anvol, lors d'une conférence de presse.
Les professionnels disent entendre les demandes sociétales pour plus de bien-être animal, du plein air, des élevages moins denses, mais ces exigences ne se traduisent pas forcément au moment de passer à la caisse, relèvent-ils.
Près de 45 % des poulets consommés en France provenaient de l'étranger en 2019
« On a essayé d'intégrer les attentes des citoyens, mais il faut d'abord répondre aux consommateurs » attirés vers les prix bas, affirme Jean-Michel Schaeffer, qui préside également la Confédération française de l'aviculture, association spécialisée de la FNSEA.
En 2019, souligne l'Anvol, « près de 45 % des poulets consommés en France provenaient de l'étranger, souvent des importations à bas coûts ». Cette proportion augmente régulièrement ; elle était de 25 % en 2000.
Pour « contrer » ces importations, la filière se trouve face à un « dilemme compliqué »: produire des volailles « qui répondent aux attentes sociétales en restant accessible », relève Anne Richard, directrice de l'Anvol. L'idée est d'y répondre en « faisant évoluer les systèmes de production standard ».
La filière s'engage à faire en sorte que la moitié des volailles bénéficient de lumière naturelle d'ici à 2025 : 20 % élevées avec un accès à l'extérieur (c'est aujourd'hui le cas pour 18 % des volailles, en comptant les Label rouge et les bio) et 30 % élevées dans un poulailler doté de fenêtres et de perchoirs (contre 15 % aujourd'hui).
« En complément, la filière doit continuer à proposer des volailles d'entrée de gamme en production standard » pour répondre à la demande des industriels, des restaurants et des cantines, qui aujourd'hui importent massivement ces produits, insiste l'Anvol.
Pour financer ses transformations, l'interprofession chiffre à 600 millions d'euros son besoin annuel d'investissements et « en appelle aux pouvoirs publics pour la soutenir ».
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