« Face à la crise, j'affirme que tous les acteurs, responsables ou pas, doivent agir. C'est un impératif social, solidaire. C'est une cause française », a écrit lundi le président de l'association des centres distributeurs Leclerc sur son blog. « Dans la course à la productivité, l'écart se creuse entre les grandes exploitations et les petites (...) personne n'accompagne vraiment les éleveurs et on va vers un drame social », poursuit Michel-Edouard Leclerc. « D'accord pour dire que les prix actuels ne sont pas assez rémunérateurs et qu'ils ne couvrent même pas le compte d'exploitation. Mais à ce stade, seuls les pouvoirs publics peuvent agir sur les prix. La loi de modernisation agricole les y autorise (...) J'affirme ici que les E. Leclerc ne s'opposeront pas à toute décision de ce type, assumée par les pouvoirs publics », écrit encore cette figure de la grande distribution, soulignant l'impossibilité légale d'« une entente » entre distributeurs « pour payer plus cher » et rappelant que le prix est fixé au marché au cadran.
Dénonçant « la violence gratuite » dont ont fait l'objet les centres Leclerc lors de ces actions des agriculteurs, dans la nuit de vendredi à samedi, Michel-Edouard Leclerc affirme que « 95 % du porc vendu dans les hypers et supers E. Leclerc est d'origine française (produit, élevé et abattu en France) », comme le réclament les éleveurs. Il souligne « la présence de gamme de porc breton jusque sur les marchés d'Alsace, de Corse, de Slovénie et de Pologne ». « Les fondements de la crise, rappelle-t-il, doivent être appréhendés à l'échelle européenne, voire mondiale (...) A cette échelle, la désignation des seuls distributeurs français comme fauteurs de la crise, ça ne marche plus », ajoute-t-il.
Les producteurs de porcs, qui traversent une crise sans précédent, dénoncent depuis des mois les « promotions » sur le porc proposées par les grandes surfaces. Jeudi, lors de la dernière cotation de la semaine au Marché du porc breton (Mpb) de Plérin (Côtes d'Armor) qui sert de référence au plan national, le prix du kilo de porc s'est établi à 1,23 euro. Les producteurs considèrent que, vu leurs charges plombées par de lourds investissements, il leur faudrait un prix supérieur de 20 à 30 centimes par kilo.
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