Xavier Garnier, agriculteur dans l'Orne, a mis en place un passage canadien à la sortie de son étable. Sa motivation : « permettre à la désileuse d'emprunter le même chemin que les vaches sans avoir à jouer avec les fils ». En Cuma de désilage, l'éleveur n'est pas forcément présent sur l'exploitation lors du passage de la machine.
Depuis le 13 mars, les 65 vaches laitières accèdent aux 20 ha de pâtures attenantes via ce dispositif. « Pour l'instant, tout se passe bien. À la première sortie, elles ont regardé à quoi cela ressemblait, mais elles restent bien éloignées du bord. Cela semble fonctionner ! », apprécie l'éleveur.
7 m de passage canadien sont maintenant installés de part et d'autre de la sortie d'étable. Un dispositif de grande taille, mais nécessaire pour permettre à la désileuse de manœuvrer pour rentrer dans le bâtiment. De chaque côté, un passage canadien de 3 m, et un second de 4 m sont installés côte à côte pour atteindre les 7 m nécessaires. Aucun passage de cette taille n'ayant été trouvé par l'éleveur sur le marché.
Une installation conçue pour le passage de la désileuse
Pour ce faire, un trou d'une profondeur de 70 cm a été creusé. Un coffrage béton, ainsi qu'un système d'évacuation des eaux fluviales, ont été réalisé. Le dispositif incluant les cadres prêts à poser, ainsi que les tubes, a ensuite été installé. L'ensemble du dispositif est conçu pour supporter le passage d'engins. « 70 cm, c'est assez important, mais on nous a conseillé cette profondeur tout d'abord parce que c'est le vide qui fait peur aux vaches, mais aussi pour ne pas avoir à nettoyer trop fréquemment ! », explique Xavier Garnier. La largeur du dispositif, qui avoisine les 2 m, est également dissuasive.
Pour ce genre d'installation, il faudra compter entre 1 200 et 1 500 € le mètres linéaire. Un investissement pour l'éleveur, mais qui a été soutenu par une subvention de la région Normandie. « Nous avons tout intérêt à investir dans le pâturage. Cela reste le fourrage meilleur marché et les parcelles attenantes à l'exploitation ne pourraient pas être valorisées autrement », précise Xavier Garnier.
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