Des agriculteurs se mobilisent en Haute-Marne contre la prédation du loup

Quelque 130 agriculteurs se sont mobilisés samedi à Chaumont (Haute-Marne), à l'appel de la FDSEA, des Jeunes Agriculteurs et de la Fédération des producteurs de lait, pour dénoncer la multiplication des attaques de loups et réclamer la régulation de l'espèce par l'Etat.

« Silence dans les prés : les loups ont fait fuir la vie », pouvait-on lire sur une banderole déployée devant la préfecture, où les manifestants, dont certains étaient venus en tracteurs, ont organisé une cérémonie symbolique d'hommage aux bêtes tuées.

Le gouvernement « doit trouver des solutions légales qui répondent à notre situation d'exception », a affirmé à l'AFP Thomas Millot, président des Jeunes agriculteurs de la Haute-Marne, qui dit attendre « des actes concrets dans les semaines qui viennent ».

« La régulation du loup doit être assurée par l'État, ce n'est pas aux éleveurs de la gérer », a-t-il ajouté.

Certains agriculteurs sont autorisés à effectuer des tirs de défense contre les loups en cas d'attaque, mais ils appellent notamment l'Etat à mandater des agents pour tuer des loups en raison de la forte augmentation des attaques, qui ont fait plus de 800 victimes en 2025.

Selon lui, « il y a une forte inquiétude et un grand désarroi chez les agriculteurs pour l'avenir, car les réponses n'arrivent pas assez vite ».

« Il faut que les règles changent et urgemment. On est clairement en train de mettre en péril une filière tout entière », estime Pierre Edouard, éleveur.

« Cela touche l'élevage extensif, on ne parle pas d'élevage industriel ou hors sol. Ça touche des animaux qui pâturent, des prairies qui font nos paysages », souligne-t-il.

« On n'en peut plus, que va-t-il advenir de la filière ovine dans les années à venir ? », s'inquiète de son côté Samuel Guenin, de la FDSEA, estimant que l'administration « n'a pas de solutions à nous donner ».

Dans la nuit du 24 au 25 décembre, dix-neuf brebis ont été tuées et cinq autres ont dû être euthanasiées après une probable attaque de loup, l'une des plus importantes prédations imputées au loup en 2025 dans ce département.

En 2025, quelque 193 attaques d'ovins ont été constatées en Haute-Marne, causant plus de 800 victimes, contre 22 attaques et 60 victimes en 2024, selon la préfecture.

Le nombre de loups en France est resté relativement stable en 2025, à 1 082 individus en moyenne, selon des chiffres officiels publiés fin novembre, que les éleveurs jugent sous-estimés. Ils réclament inlassablement une augmentation du quota d'abattage annuel autorisé, fixé à 19 % de la population estimée.

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