Dans un communiqué de presse, l’interprofession du bétail et de la viande déplore l’opposition de façade du gouvernement français à l’accord UE-Mercosur, qui conduit au « sacrifice » de nos filières agricoles. [Article mis à jour à 21h33 le 09/01/26]
À Beauvais, les trompettes des tracteurs sonnent comme un glas à l’approche des ronds-points : une majorité qualifiée de pays européens a voté en faveur du traité de libre-échange UE-Mercosur, ce vendredi 9 janvier. Fumier devant les préfectures, pneus incendiés… Un peu partout en France, les mobilisations redoublent de force alors que l’opposition de la France, associée à celle de la Pologne, la Hongrie et l’Irlande n’ont pas suffi à renverser la balance.
En arrière-plan, les institutionnels sont vent debout. Interbev n’a pas peur des mots, et parle de « sacrifice » sur « l’autel de la guerre commerciale ». Un choix « inacceptable », qui fragilise la souveraineté alimentaire française. De son côté, le président de la FNB Patrick Bénézit qualifie cet accord de « stratégie mortifère » dans un communiqué de presse, « au mépris des conséquences économiques, environnementales et sanitaires ». Du côté de la Coordination rurale, Bertrand Venteau a tenu à remercier ses troupes, mobilisées pour « pouvoir vivre dignement de leur travail ».
Accord UE–Mercosur : l’Europe et la France choisissent de sacrifier leurs filières agricoles sur l’autel de la guerre commerciale.
— Interbev (@Interbev_fr) January 9, 2026
Aujourd’hui, au Conseil de l’UE, une majorité qualifiée d’États membres a approuvé l’accord UE–Mercosur, ouvrant la voie à une signature dès la… pic.twitter.com/02xxnd5l6Y
Une opposition de façade de la part de la France
Tous regrettent le positionnement ambigu de la France, reprochant une manœuvre politique plutôt qu’une véritable posture de fond.
Le véto de la France « était mobilisable en temps voulu, lorsque l’unanimité s’imposait encore. Il n’a pas été activé. Elle aurait également pu saisir la Cour de Justice de l’Union européenne, afin de contester la base juridique de l’accord », détaille Interbev. « Cette situation pose une question simple et grave : l’opposition française était-elle réelle ? » poursuit la Fédération natioale bovine.
Aucune mesure miroir n’est en capacité de nous protéger
Si les agriculteurs ont pourtant obtenu des garanties, à travers des clauses de sauvegarde, l’interprofession les juge illusoires. « Leur activation n’interrompt pas les importations, mais ouvre une enquête longue et strictement récréative, une fois le déséquilibre installé. Sans mesures miroirs juridiquement contraignantes, cette clause relève avant tout de l’affichage politique ». « Aucune mesure miroir n’est en capacité de nous protéger. C’est ce que nous disons depuis des années », abonde Patrick Bénézit sur les réseaux sociaux.
Dans son communiqué, la FNB met en avant un dernier espoir : la saisine de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), sur laquelle les eurodéputés se prononceront le 20 janvier. « Cette saisine constitue aujourd’hui le levier permettant d’empêcher une ratification. Refuser cette saisine reviendrait à laisser la Commission imposer un accord forcé, fondé sur des promesses non tenues de réciprocité et de durabilité, et à exposer l’élevage bovin européen à une concurrence déloyale massive ».

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