Le marché au cadran de Plérin (Mpb, marché du porc breton) sert de référence au plan national. Les éleveurs réclamaient et ont obtenu 5 centimes d'augmentation sur le prix au kilo, établi à 1,088 lors de la précédente cotation, lundi dernier. Plusieurs éleveurs ont fait part de leur détresse face à un prix de vente qui ne couvre plus, depuis des mois, les coûts à la production qui sont estimés en moyenne à 1,30 euros le kilo. Certains ont ainsi expliqué que, tout en aimant leur travail, ils avaient été contraints ces derniers mois de demander le Rsa.
En raison de la pression des producteurs qui avaient temporairement envahi la salle des ventes, le marché a débuté en retard, après de longues explications et tractations. Deux causes principales expliquent ces cours très bas. D'abord l'embargo russe sur la viande de porcs, décrété fin janvier 2014 à la suite de cas de peste porcine sur des sangliers en Lituanie, sachant que la Russie représentait, avant l'embargo, le quart des exportations européennes. La deuxième cause concerne les salaisonniers et la grande distribution qui s'approvisionnent pour partie à l'étranger pour conforter leurs marges. « Le prix payé au producteur pourrait augmenter de 20 centimes le kilo sans que ça fasse de différence pour le consommateur », fait pourtant valoir un responsable du marché.
A la fin du marché, une centaine de producteurs se sont rendus à la préfecture, à Saint-Brieuc, où une délégation a été reçue par le préfet Pierre Lambert. Les producteurs ont demandé la venue dans les 48 heures du ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll. Le préfet a transmis la demande sans grand espoir et proposé aux manifestants d'accompagner une délégation qui serait reçue lundi par des conseillers au ministère de l'Agriculture. Il a aussi rappelé que le président de la Fédération nationale porcine, Paul Auffray, lui-même producteur de porcs dans les Côtes-d'Armor, serait reçu mardi par Stéphane Le Foll. Des rencontres sont également prévues avec la grande distribution ainsi que les industriels (salaisonniers notamment). Le préfet a reconnu « la situation critique » que subissent les éleveurs. « Il faudrait un cours à 1,40/1,50 pour qu'ils soient correctement rémunérés », a-t-il dit. « J'ai entendu des gens désespérés, c'est mon rôle de les écouter (...) Il faut absolument un redressement », a-t-il dit.
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