Renforcer. La France ne veut pas perdre son statut « indemne ». Elle met le paquet dans les trois départements bas-normands.
Les éleveurs du Calvados et de l’Orne sortent stressés des réunions d’information menées, en novembre, par les administrations et les GDS départementaux. Cette année, cinq cas de tuberculose dans le premier département et un dans le second se sont déclarés en dehors des zones de prophylaxie renforcée (ZPR) existantes. Elles s’étendaient sur un rayon de 2 à 4 km autour des foyers et de leurs parcelles pâturées. C’est désormais 10 km autour de tous les cas recensés depuis 2013. Sont concernés 230 communes et 1 156 élevages (voir carte).
Un rayon élargi à 10 km
La campagne de dépistage a commencé le 1er novembre. Sur les animaux de la ZPR de plus de 24 mois est réalisée une intradermo-tuberculination comparative (entre la tuberculine aviaire et bovine). Le plan est prévu sur trois ans. L’objectif est d’assainir vite et d’éviter la contamination de la faune sauvage, qui ne l’est pas encore. La souche est une résurgence de GB35 Calvados, apparue il y a vingt ans. On n’en connaît pas l’origine. Ce rayon de 10 km n’est pas fixé au hasard. Le 19 juin, le Cnopsav – l’instance sanitaire qui réunit État et filières d’élevage – a acté ce périmètre pour dix-huit départements dits « historiques », c’est-à-dire avec des foyers détectés ces dernières années (voir document). Le Calvados et l’Orne en font partie. Ils sont les deux seuls du Grand-Ouest. La crainte d’une installation de la tuberculose bovine dans le principal bassin d’élevage incite les pouvoirs publics à taper fort.
Inquiétude de l’AOP camembert
La France ne veut pas perdre son statut « indemne de tuberculose bovine » nécessaire pour le commerce des animaux. Or, elle flirte avec la valeur limite. Elle ne laisse donc pas passer la très laitière Manche à travers les mailles de son filet. Comme le département n’a pas de nouveaux cas depuis 2016 (trois sur 2015 et 2016 touchant cinq sites), elle a un dispositif « allégé » par rapport à ses voisins. Les cinq ZPR ont un périmètre de 2 km (45 communes, 350 élevages). Pour les 1 500 producteurs bas-normands dépistés, c’est une période de grand stress qui s’annonce. La filière AOP camembert au lait cru s’inquiète aussi. Une bonne partie de sa collecte est au cœur des ZPR. Si des élevages se trouvaient suspectés, il faudrait que leur lait soit pasteurisé.
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