Les auteurs du courrier « La France laitière réussira avec ses producteurs, pas contre eux », paru dans L'Eleveur laitier de novembre, m'ont mal lu. Je n'ai jamais écrit qu'il aurait fallu qu'en 2012-2013, le prix du lait soit à 260 €/1 000 l. J'ai constaté avec les centres de gestion, qu'environ 30 % des producteurs avaient eu, cette campagne laitière-là, un coût de production de 260 €/1 000 l et par conséquent « qu'ils auraient pu être moins payés que les 340 €/1 000 l (moyenne du prix national toutes qualités confondues, plus ADL) sans se mettre en péril ». Une façon pour moi de souligner dans mon courrier leur niveau de compétitivité par rapport à d'autres. J'estime aussi que ces producteurs représentent près de 60 % du lait national. C'est donc une stupidité d'écrire comme vous le faites que « multiplier par trois le volume de lait chez ces producteurs équivaut à rejoindre le modèle danois ». 60 % x 3 = 180 %, soit presque le double de la production en France. Je n'ai jamais proposé un tel doublement et où ai-je donné en exemple un « modèle danois » ? Nulle part !
Pour le reste, ce sont vos opinions et analyses que je respecte sans les partager pour l'essentiel.
Vous insistez sur le fait que je ne dois pas être un consultant « indépendant ». À la retraite depuis six ans, je ne suis lié à aucun intérêt économique, syndical, à aucune entreprise, à aucun organisme privé ou public. J'ai acquis ma formation en étant économiste, animateur syndical pendant plusieurs années au CNJA (maintenant JA), notamment en charge des jeunes producteurs de lait. Quelques anciens FDSEA 29 m'ont bien connu. Avant d'être consultant indépendant, j'ai représenté à Bruxelles les organisations professionnelles. J'ai été membre d'Atla (FNCL-FNIL) auprès des institutions européennes, du Copa-Cogeca et de l'Ania européen. Comment croire, après quarante-cinq ans de vie professionnelle au service des agriculteurs et des éleveurs français, que je serais devenu un consultant « insultant » selon votre courrier. La passion et l'irrationnel sont de mauvais conseil.
JEAN-PIERRE CARLIER, AGRO-ECONOMISTE CONSULTANT INDÉPENDANT
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