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Paroles de lecteursGroupage des vêlages rime-t-il toujours avec concentration des avantages ?

Grouper les vêlages permet d'avoir « un système très efficace, en se spécialisant par période sur certaines activités », juge Dairy. (©CC // Création Terre-net Média)
Grouper les vêlages permet d'avoir « un système très efficace, en se spécialisant par période sur certaines activités », juge Dairy. (©CC // Création Terre-net Média)

Grouper les vêlages, c'est grouper les avantages. Pour certains lecteurs, la répétition des sons et des mots se justifient pleinement en termes de charge et organisation du travail notamment, comme au niveau de l'efficacité globale du système. Prairies trop humides au printemps, chaleur l'été, valorisation encore inférieure du lait... Pour d'autres, c'était tout un poème !

 

Markno n'est pas convaincu par les vêlages groupés : « Les pays pratiquant largement ce système sont aussi ceux qui ont un prix du lait le plus bas ! Comme la Nouvelle-Zélande ou encore l'Irlande... Pourquoi ? Parce que si tous les producteurs calent les vêlages au printemps, cela oblige derrière à avoir de fortes capacités industrielles pour gérer le flux de lait massif à cette saison alors que le reste du temps, les usines tourneront au ralenti, voire seront à l'arrêt. Et cela pour produire du beurre et de la poudre de lait mal valorisés comparé aux yaourts et fromages... Les producteurs en vente directe l'ont bien compris en achetant des vaches en lait pour leur période de faible production, afin de poursuivre leur activité et de ne pas perdre leurs clients. Pratiquer le pâturage est évidemment une manière de baisser ses coûts de production mais, attention, selon moi, à ne pas concentrer tous les vêlages au printemps, à moins d'accepter que le prix du lait soit encore plus faible et volatil ! »

« Il faut être très technique »

Lau met, lui, en garde contre « le phénomène de mode ». « (...) Il faut être très technique et disposer d'une ferme où le pâturage de printemps commence tôt même lorsque les mois de mars et avril sont pluvieux et froids !, poursuit-il. Par ailleurs, « l'IVV de 365 j est possible en monotraite mais avec deux traites par jour, j'en doute, ou alors on s'expose à la réforme anticipée de jeunes vaches productives ! Ce serait bien de connaître les résultats des élevages qui ont adopté cette pratique depuis au moins cinq ans : âge au vêlage, taux de réforme, IVV, lait produit/VL, prix du lait vendu, quantité de concentrés, etc. et nous pourrions alors être convaincus ou non. »

Le prix du lait sera encore plus bas et volatil !

« Printemps humides : bloquants ou non ? »

« L'original de service va donner son avis, prévient Patrice Brachet. L'intérêt du groupage des vêlages dépend dans quelle région on se situe car malheureusement avec des printemps humides, pas de pâturage ! De plus, cette saison est celle où les éleveurs ont généralement le plus de travail » avec les semis de maïs, la mise à l'herbe, l'enrubannage (3 000 balles/an annonce ce lecteur), puis le début des foins. « Enfin, cela revient à mettre tous ses œufs dans le même panier ! (...) », estime-t-il.

Mettre tous ses œufs dans le même panier...

dairy n'est « absolument pas d'accord ». « Le groupage des vêlages dépend avant tout de l'éleveur et de sa volonté de mettre en place cette conduite. Si on se bloque sur "un printemps humide", ce n'est effectivement pas la peine d'y songer... »

« Cela dépend de la volonté de l'éleveur »

Patrice Brachet nuance : « Je ne suis pas contre ». Avant de marteler : « Mais chez moi, où la saison de pâturage dure deux mois, il faut être inconscient ! » S'adressant directement à @dairy : « Vous dites de ne pas "se bloquer sur un printemps humide" mais au prix d'implantation d'une prairie, y lâcher plus de 100 VL,  c'est du suicide !! De toutes façons, il faut des chiffres pour juger... »

dairy lui demande : « Vous voulez quoi comme chiffres ? »

Patrice Brachet répond mais par une autre question : « @dairy, sachant que ma période de pâturage est très courte, que je produis 1 Ml de lait avec 120 animaux, que j'achète 40 000 € de concentrés en tout, serais-je gagnant de grouper les vêlages sachant que tous les animaux seront en pleine production pendant les grandes chaleurs (+ de 40 degrés parfois dans ma zone) ? »

Des animaux en pleine production pendant les fortes chaleurs.

« Moins de travail et organisation plus souple »

dairy reconnaît qu'il ne connaît pas « l'élevage, ni la localisation de @Patrice Brachet ». Mais persévère : « Le groupage des vêlages a quand même de très gros avantages. Le premier étant la réduction et surtout la meilleure organisation du travail : on se spécialise dans une activité, ce qui évite de s'éparpiller. En gros, en période de vêlages, on fait que des vêlages, en période de repro, on ne fait que de la repro, etc. Au final, on a un système très efficace, avec peu d'animaux improductifs et des IVV longs, quel que soit le moment l'année choisi pour les vêlages. Sans vous vexer, annoncer 120 vaches, 1 Ml de lait et 40 000 € d'achat de concentrés, cela ne veut pas dire grand-chose, et encore moins le niveau de marge brute ou d'EBE par hectare. D'ailleurs, quand vous dites enrubanner 3 000 boules/an, cela me semble énorme et doit représenter une forte charge, donc peser sur les coûts alimentaire, de distribution, etc. Pour ma part, j'ai fait le choix de grouper mes vêlages sur 10 semaines et cela fait trois ans que j’ai arrêté de traire l'hiver. Question qualité de vie, je ne regrette rien !! »

Question qualité de vie, je ne regrette rien !

À propos du manque de données chiffrées, bzhgrassland pondère : « En même temps, dès que l'article en fournit, la réaction des lecteurs est "c'est pas possible chez moi" alors à quoi bon... »

Et au niveau économique ?

Pourtant Maec insiste : « Je  travaille avec deux périodes de vêlages − printemps et automne avec un objectif de 1 300 €/ha. (...) Quels sont les chiffres les plus cohérent à "comparer" ? »

bzhgrassland s'interroge : « 1 300 €/ha de quoi ? Chiffre d'affaires ? Marge brute ? EBE ? Revenu disponible ? »

« EBE !! », lance Maec.

bzhgrassland réplique : « Oui, c'est un objectif réaliste et atteignable sans trop se prendre la tête. Je suis un peu au-dessus mais j'ai encore pas mal de marge de manœuvre, je vise les 1 700-1 800 € pour le moment. »

Et Jmb67 de conclure : « Il n'y a pas de recette miracle, chacun doit faire comme il le sent et trouver ce qu'il lui convient. La performance économique ne veut rien dire. Certains éleveurs vivent avec 30 VL, d'autres avec 200 n'y arrivent pas... »

Fille de prof de français, j'aime écrire et j'ai été habituée depuis toute petite à traquer les fautes d'orthographe. Même si j'ai grandi en ville, j'ai toujours été attirée par la campagne et le monde rural. J'ai donc suivi une formation d'ingénieur agricole à UniLaSalle. Tour à tour journaliste et secrétaire de rédaction, d'abord chez Jeunes Agriculteurs pendant sept ans puis depuis 2010 chez Terre-net/Web-agri, j'allie au quotidien mes deux centres d'intérêt : l'écriture et l'agriculture. Je m'occupe en particulier des marchés, de l'installation et de la transmission des exploitations.

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