On s’y attendait. À l’heure où leurs livreurs résistent à la crise, le bénéfice des grands groupes progresse en 2016. Bel l’améliore de 15,6 % (p. 16), Savencia de… 83 %. Son résultat était de 57 M€ en 2015. Il passe à 104,4 M€ pour un chiffre d’affaires stable (- 0,5 %). Parallèlement, le prix du lait moyen de Savencia baisse de 25 €/1 000 l (299 € contre 324 €).
L’international boosté
Savencia réfute la critique qui lui est faite d’améliorer son résultat grâce au prix du lait bas. Il fait valoir l’accompagnement des producteurs en leur versant 32 M€ de plus que s’il avait respecté strictement les indicateurs du contrat. « Nous avons un problème évident de compétitivité avec nos principaux concurrents. » Cela ne l’empêche pas de gagner des points à l’international. Le groupe collecte 3 à 3,2 Md de litres en France sur les 4 milliards dans le monde avec 58 % de lait français transformé pour l’export. « La progression du résultat vient principalement du renforcement de notre poids à l’international et de celui de nos marques stratégiques », insiste-t-il. Les équipes commerciales confortées, le succès de ses marques internationales et de celles françaises exportées boostent les fromages.
La France moins rentable
Le marché porteur de la matière grasse et les investissements depuis 2012 dans des ingrédients à valeur ajoutée contribuent aussi à ce résultat. Conséquence : la part de la France passe sous les 30 % de chiffre d’affaires (- 3 % en deux ans), celle de l’international au-dessus (+ 4,2 %). « Le marché français devient moitié moins rentable que l’export. Cela pose question. » Pour y remédier, une des solutions serait des produits à qualités différenciées à partir des pratiques des éleveurs. Avec une rémunération à la clé ? « Pourquoi pas », dit Savencia.
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