L’avenir de l’agriculture s’écrit au féminin. Un quart des chefs d’exploitation sont des femmes. Une proportion qui devrait augmenter car, en 2024, les jeunes agricultrices représentaient un tiers des installations agricoles. « La mixité est une des clés du renouvellement des générations », assure Anne Dumonnet Leca, présidente de l’association Vox Demeter, lors de la conférence "Agricultrice : ma place, mon impact" organisée par la coopérative Terrena au Space 2025.
Si les femmes sont bien présentes sur le terrain, elles le sont moins dans les instances décisionnelles. Seulement 10 % des administrateurs des coopératives sont des femmes. Un chiffre qui chute à 1% si l’on s’intéresse à leur présidence. « On ne peut que constater le manque de représentativité des agricultrices, souligne Anne Dumonnet Leca. Or leur présence dans les structures décisionnelles enrichit la confrontation de points de vue. »
S’enrichir de la diversité
Des études montrent que des collectifs mixtes à la tête d’une entreprise apportent un gain d’efficience. « La mixité permet des débats plus riches », confirme Olivier Chaillou, président de Terrena. La Coopération agricole s’est fixée l’objectif de passer de 10 à 25 % de femmes dans les conseils d’administration à horizon 2030 pour refléter la part d'agricultrices chefs d’exploitations.
« Si on ne se mobilise pas pour plus de mixité, on risque d’avoir des obligations réglementaires comme pour les conseils municipaux, prévient Dominique Chargé, son président. À nous, dans chacune de nos organisations, de réserver des postes aux femmes, en leur donnant les moyens de s'épanouir dans leurs responsabilités ». Car, rien ne serait plus négatif que d’avoir des administratrices, peu motivées, ne se sentant pas à l'aise et qui n’auraient l’impression d’être là que pour remplir un quota.
Donner envie de s'investir
Par l’accompagnement, la formation, il faut « donner envie à des femmes de s’investir à tous les échelons de la coopérative », encourage Laure Dubert, agricultrice dans le Cher, responsable professionnelle dans le réseau Cuma. « Cela doit commencer dès la formation. À nous de montrer, par l’exemple, que les femmes ont leur place partout, même dans l’agroéquipement. »
Sentin’Elles chez Terrena, Parc’Elles pour Eureden, Les Bottées à la Cavac ou bien encore Les Elles de la Coop au niveau national, les démarches se multiplient pour créer des groupes où parler mixité et proposer des formations pour monter en compétences. « Il faut d’abord comprendre le fonctionnement de la coopérative pour avoir envie de s’investir », témoigne Amélie Courcoul, agricultrice à Guéméné Penfao en Loire-Atlantique. « Osons prendre notre place pour l’avenir des coopératives et de l’agriculture », conclut Muriel Penon, agricultrice en Charente-Maritime et engagée dans Les Elles de la Coop.
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