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Au SpaceLe ministre de l'agriculture face aux inquiétudes des futures générations

Manque d'attractivité, prix des produits agricoles, dépendance aux aides publiques... Mardi au salon international de l'élevage à Rennes, le ministre de l'agriculture Marc Fesneau s'est prêté au jeu des questions-réponses avec des étudiants en BTS agricole, inquiets quant aux obstacles de l'installation.

« Comment faciliter l'accès des jeunes à l'installation » quand les « montants d'investissements » peuvent atteindre un demi-million d'euros ?, demande Esteban, étudiant en lycée agricole, assis sur l'estrade à la droite du ministre. « Vous êtes des denrées rares et précieuses », a répondu Marc Fesneau.

« Alors ce serait sympa de nous payer l'installation », murmure ironiquement dans le public Lysandre Olliero, 19 ans, étudiant en production animale.

Dans l'élevage de bovin laitier, 45 % de la population sera en âge de partir à la retraite dans les dix prochaines années et c'est aussi la filière qui compte le moins de nouvelles installations.

Mais sur scène, quatre étudiants de deux lycées agricoles en Bretagne, première région productrice de lait en France, souhaitent se lancer un jour dans l'élevage laitier « si la conjoncture économique le permet », précise Marc Lenouvel, 19 ans, assis à côté du ministre.

Pour ces futurs éleveurs, la question du recrutement sur les exploitations est essentielle pour soulager la charge de travail mais « de nombreuses exploitations cherchent à recruter et ne trouvent pas, alors comment rendre attractif le salariat en agriculture ? », interroge Anaïs, étudiante en lycée agricole également.

« Des gens réclament aux éleveurs de vivre une vie qu'ils n'accepteraient pas eux-mêmes, le salariat est une aide, une nécessité pour tenir et avoir une vie sociale qui soit supportable », lui a répondu Marc Fesneau.

La traite, tôt le matin et en fin de journée, et ce tous les jours, est un facteur d'isolement social pour de nombreux éleveurs.

Pour attirer davantage, il faut aussi rémunérer davantage, or « les aides viennent compenser des charges qui ne sont pas mises dans les prix », a dit le ministre face aux jeunes, mais aussi face à plusieurs représentants des filières agricoles, comme Christiane Lambert, présidente de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA).

Les agriculteurs prônent depuis plusieurs mois des hausses de prix pour faire face à la flambée des coûts de production entraînée par l'invasion russe en Ukraine fin février.

« Des gens très à l'Est ont compris que l'alimentation était une arme. On a vécu une parenthèse d'insouciance mais c'est un combat de tous les jours » a souligné Marc Fesneau pour qui, en matière d'alimentation, il faut « s'armer, pacifiquement, mais s'armer quand même ».

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