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Témoignage de jeunes éleveurs mayennaisMathieu et Florian préfèrent « des vaches à 8 000 l plutôt qu'à 10 000 l »

La quête de performance est le leitmotiv de Mathieu et Florian Pouteau depuis qu'ils ont rejoint l'élevage familial de vaches laitières en Mayenne. Leurs trois maîtres-mots pour y parvenir : technicité, qualité et optimisation des coûts. Un travail récompensé, cette année, par le Prix national de la dynamique agricole, dans la catégorie "performance technique". Ce concours de la Banque populaire, qui fête ses 30 ans en 2022, valorise en effet « le savoir-faire, la créativité et la capacité d'adaptation des agriculteurs ».

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Mathieu et Florian Pouteau sont associés avec leur père Franck au sein du Gaec de l'Hommeau, à Saint-Germain-d'Anxure en Mayenne. Une exploitation de polyculture-élevage − 110 VL et 160 ha − créée par leurs grands-parents en 1976. « Ils ont commencé avec 5-6 vaches et 22 l de lait/jour, vendus au bout du chemin. Quand ils nous ont transmis la ferme, ils produisaient 600 000 l à l'année », racontent les deux frères qui éprouvent de la fierté à faire perdurer, en famille, ce que les générations précédentes ont construit et leur ont appris.

« Travailler en famille : une force »

« On peut compter les uns sur les autres, c'est une vraie force ! », poursuivent-ils. Car, même retraités, la grand-mère et le grand-père sont toujours prêts à donner « un coup de main ». « Eux aussi sont fiers de nous et de leur fils, je pense », appuie Mathieu, qui s'est installé en 2018, un peu plus tôt que prévu, à 18 ans seulement, suite aux problèmes de santé de son père, lui-même sur la ferme depuis 1995. Heureusement, tout était là pour y arriver : grâce à des travaux récents, les moyens de production étaient fonctionnels. « Il n'y avait plus qu'à travailler », fait remarquer Mathieu.

« Tout se passe bien » et il s'en réjouit ! « Avec mon frère, qui nous a rejoint en 2020, et mon père, nous nous sommes toujours bien entendus. Nous sommes complémentaires même si nous savons tout faire sur l'exploitation », précise-t-il. Ainsi, c'est plus facile de se dégager du temps libre, « pour la chasse ou le foot », voir de « s'absenter quelques jours ». L'objectif des éleveurs : « travailler du lundi au vendredi ». Autrement dit « n'avoir que l'astreinte le week-end ».

« Performants sur le travail et les coûts de production »

Dans cet élevage, la recherche de performance passe donc par l'organisation du travail et des équipements adaptés. En particulier : une salle de traite bien dimensionnée − 2x12 postes − qui permet de traire 110 vaches en « 1 h à 1h10 + 30 min de lavage ». Avec le suivi, l'alimentation, la reproduction, les éleveurs consacrent 5 h par jour à leur troupeau. 300 bêtes au total, dont une trentaine de veaux et une quarantaine de taurillons. « Nous entretenons un lien fort avec les animaux. Nous sommes plus souvent avec eux que chez nous ! », lancent les jeunes producteurs.

On produit avec ce que nos terres nous offrent.

Aujourd'hui, la production laitière atteint 970 000 l/an et représente 80 % du chiffre d'affaires, les 20 % restants provenant des céréales. Mais malgré leur haut niveau de technicité, Mathieu, Florian et Franck Pouteau ne souhaitent pas l'augmenter davantage. « On a moins de souci avec des vaches à 8 000 l qu'à 10 000 l, moins de frais alimentaires et vétérinaires surtout », résument-ils.

Les coûts de production sont également optimisés : « On produit avec ce que nos terres nous offrent. On est autonomes, on n'achète pas à l'extérieur. » L'avenir pour Mathieu et Florian : « Maintenir les mêmes niveaux de production, de coûts et donc de marges, en cherchant toujours à améliorer » les pratiques et stratégies de l'élevage.

Autre source : vidéo du Gaec de l'Hoummeau, publiée sur Youtube le 9 décembre 2021. 

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