Stratégies. Quand l’Ouest entre dans le programme jersiais de Viking Genetics, le Nord se tourne vers l’italien Intermizoo. Les entreprises françaises cherchent ailleurs la croissance dont elles ont besoin.
f aute de s’entendre entre elles, les deux principales entreprises de sélection françaises nouent des alliances avec leurs voisins. Impossible en effet de se cantonner à leurs zones d’activité historiques. La génomique a renchéri les coûts de la sélection qui doivent être amortis sur une autre échelle. Et puis la concurrence pousse à enrichir les catalogues pour se démarquer et répondre à toutes les demandes. Entre l’extension coûteuse des schémas ou les partenariats, les deux entreprises font le même choix.
C’est ainsi qu’à la veille du Space, Gènes Diffusion a annoncé son rapprochement avec l’italien Intermizoo. « Cet accord porte sur la création génétique et la distribution de semences en espèce bovine, », précise le communiqué. Intermizoo est le deuxième intervenant en génétique italienne derrière Inseme. Comme Gènes Diffusion, il tient à son indépendance et cherche des partenaires.
Le rapprochement est d’abord celui d’hommes qui se côtoient depuis longtemps. « Nous partageons la même philosophie », précise Frédéric Lepoint, responsable du programme holstein chez GD. Les deux partenaires gardent leurs schémas (65 taureaux pour GD, 35 pour Intermizoo) mais travailleront en concertation. Cela leur permettra de réduire un peu leurs achats de taureaux, tout en augmentant l’offre pour les éleveurs. Par ailleurs, les équipes vont travailler ensemble à l’international pour développer leurs ventes.
Dès la fin de l’année, douze taureaux holsteins italiens entreront dans le catalogue de GD. Intermizoo travaille aussi en races allaitantes et en brune. L’entreprise italienne s’intéresse aux recherches de GD sur le sexage. Car elle est dépendante de Sexing Technologies, qui est entrée dans le capital de son concurrent.
« La jersiaise se développe en France »
De son côté, Évolution a annoncé un partenariat avec Viking Genetics concernant la jersiaise. « Cette race se développe en France et nous voulions nous impliquer dans la création génétique pour répondre à cette demande », explique-t-on chez Évolution. L’accord avec Viking lui permet de le faire sans un investissement démesuré. Les deux entreprises se connaissent depuis longtemps et s’apprécient.
Chez Viking, Lars Nielsen affiche sa satisfaction de pouvoir désormais « disposer des moyens d’Évolution, et notamment les stations de donneuses d’embryons, pour développer le schéma et créer de la génétique en France. » Actuellement, Viking sort 35 taureaux par an et fournit 70 % des doses jersiaises en France. Parallèlement, Viking réduit la voilure en race holstein. Et l’entreprise vient de créer une filiale en Allemagne pour vendre des doses holsteins et Procross.
L’OS jersiaise française se félicite aussi de cet accord car la génétique de Viking, très axée sur la fonctionnalité et la santé sans négliger la production, correspond à ses attentes. La dynamique de cette OS, très impliquée dans les organisations internationales de la race, a contribué à l’aboutissement de ce partenariat.
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