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Radio prairieMoins de génisses et plus de vaches pour faire face aux aléas climatiques

Dans un épisode du podcast Radio prairies, Jean-Marie Curtil, conseiller à la Chambre du Doubs-Territoire de Belfort interroge Jean-Michel Belpois, un éleveur de vaches laitières qui a repensé son système d'exploitation pour faire face au changement climatique.

A 550 m d’altitude, le Gaec du pré du soir dans le Doubs (25) a repensé son système d'exploitation pour faire face aux aléas climatiques. L'objectif : limiter la part d'animaux improductifs, et gagner en autonomie fourragère avec l'implantation de dérobées et une gestion rigoureuse du pâturage. Avec 82 ha et une cinquantaine de vaches laitières, l’exploitation produit 340 000 l de lait transformé en morbier.

Moins de génisses et plus de vaches

Le premier levier actionné a été la diminution du nombre de génisses. « De 20 – 25 génisses par an, nous sommes passés à 12 » commente Jean-Michel Belpois. Cette modification permet de concentrer les ressources fourragères pour la production laitière, avec 4 à 5 vaches de plus sur l’exploitation, et un allongement du nombre de lactation. Pour garder ses vaches en bonne santé plus longtemps, Jean-Michel a mis en place un suivi vétérinaire, rythmé par une dizaine de visites annuelles.

Des dérobées pour compléter le pâturage

La production de fourrage a également été passée au crible. L’exploitant a cessé la culture de céréales, présentes sur 4 à 5 ha au profit des dérobées. L’implantation d’avoine, ou de mélange moha-trèfle est appréciée pour sa souplesse d’utilisation. « Je l’utilise en pâturage, en affouragement vert ou en fauche. C’est un bon moyen de compléter le pâturage en cas de besoin ou de renouveler les prairies. Cela nous offre une quinzaine de jours de pâturage par an. » Les céréales sont maintenant achetées, et le mélange fermier réalisé sur la ferme.

L'éleveur est passé d’un pâturage tournant simplifié à un pâturage tournant rationné pour augmenter le délais de retour sur les parcelles. L'exploitation ne dispose que de 48 ares par vaches au printemps pour le pâturage. « C’est un peu limite » commente Jean-Michel « on a des sols argileux qui n’aiment pas les extrêmes. Le trop sec pénalise la pousse en été, et le trop humide pose des problèmes de portance au printemps. »

Pour sécuriser son stock fourrager, l'éleveur s'impose deux lignes de conduite : « on s’interdit de faucher avant le 20 mai pour garantir un minimum de stock de foin, et on cherche à toujours avoir du report de stock ». 

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