grand reporter
On ne peut pas à la fois se protéger du marché quand les prix baissent et profiter des hausses quand la conjoncture se retourne. Telle est l’amère leçon que l’on peut tirer de ce que vivent les éleveurs français aujourd’hui.
L’écart de prix du lait avec les pays voisins est insupportable. Il résulte en grande partie de choix de filière. Contractualisation, et donc volumes contingentés. Plan de filière, montée en gamme, et donc recentrage sur le marché intérieur. Égalim, et donc prix lié (plus ou moins !) au coût de production et non au marché. On pourrait ajouter les lois sur les relations commerciales qui conduisent à des combats acharnés pour des résultats limités. Ou encore, le recours à une batterie d’indicateurs manquant de fiabilité et de réactivité, et non utilisés comme ils le devraient.
Ce système a été bâti en oubliant que l’inflation pouvait revenir et bouleverser l’équilibre. Nous y sommes, et les éleveurs se trouvent fragilisés, décalés.
Deux solutions s’offrent à la filière. Faire le dos rond et espérer que ces choix porteront leurs fruits quand le risque de manquer de lait fera enfin plier les distributeurs.
Ou alors, changer de fonctionnement, remettre en cause le rôle du Cniel qui reste l’unique interlocuteur de l’administration et qui a beaucoup pesé sur ces orientations. Dix ans après leur naissance, et malgré leur légitimité, les OP sont tenues à l’écart. Certaines voudraient bien donner un coup de pied dans cette fourmilière, pour redonner leur place aux éleveurs. Il faudrait a minima que toute la filière en débatte.
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