Par Claire Hue
Rédactrice
Lors du Space, les industriels ont fait monter une petite musique :
les formules
de calcul
du
prix du lait dans les contrats-cadres ne sont pas adaptées à la réalité des marchés, encore moins depuis la flambée des cotations et des charges.
Une négociation avec les organisations de producteurs serait beaucoup plus pertinente, selon eux.
Sauf que les OP ne sont pas à armes égales avec leur unique client pour fixer les prix. Le délibéré du tribunal judiciaire de Coutances le dit clairement dans le contentieux qui oppose Sunlait à Savencia sur les prix de 2020 et 2021. Il pointe du doigt la dépendance de l’AOP. Les juges vont même jusqu’à parler de « violence » au sens du Code civil régissant le droit des contrats.
Qui, parmi les OP, n’a pas connu
ces techniques dissuasives ? Réduction des volumes insinuée, calendrier de rencontres imposé ou, à l’inverse, usure des dirigeants par des discussions sur de longs mois. L’actuelle suspension unilatérale de l’indicateur beurre-poudre est un nouveau chapitre de ce jeu du chat et de la souris dans lequel les producteurs sont rarement les gagnants.
Le tribunal de Coutances a dit stop aux procédés qui fragilisent les producteurs. Espérons qu’il sera entendu. Si elle perdure, la tension sur la collecte sera sûrement plus efficace pour équilibrer les rapports de force. En Alsace, l’Oplase a mis fin au client unique. Elle a créé l’Oplase SA. Vingt-neuf de ses adhérents ne livrent plus leurs 20 Ml à Eurial Ultra Frais mais à Savencia et à une laiterie belge. Les relations entre l’OP et l’industriel retrouvent des chemins plus constructifs.
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