Tous les prix des produits augmentent : les betteraves, la viande, les céréales, les engrais… mais aussi le coût de la vie. Tous, sauf celui du lait, ou si peu. Comment expliquer que les laiteries soient incapables de passer des hausses ? À 427 €, saisonnalité comprise, Sodiaal bat des records. Ce n’est plus compréhensible qu’une production qui demande tant d’efforts ne rémunère pas mieux. J’ai la chance de m’en sortir financièrement. Mais compte tenu de la charge de travail, des investissements et des gains de productivité accomplis, j’estime, à 40 ans, que je devrais gagner 4 000 €/mois. Ne serait-ce que pour payer de la main-d’œuvre si je tombe malade, ou partir en congés. Je n’y suis pas, mais il ne faut surtout pas en parler. Jusqu’à quel niveau de productivité/UMO devrais-je aller ? La seule façon de maintenir l’élevage laitier, c’est le prix. Sinon, qui acceptera encore, demain, de faire du lait dans ces conditions. Il y a treize ans, je faisais la grève du lait et nous en sommes toujours au même point. Comme si cette production était sacrifiée. Le lait était ma passion. Aujourd’hui, je suis dégoûtée. J’ai du mal à croire en l’avenir et suis déçue de ne pas pouvoir envisager, à mon tour, transmettre ce dont j’ai hérité. »
« Les prix augmentent tous, sauf celui du lait »
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