Le vétérinaire se retrouve face à une énigme avant d'observer plus attentivement la langue de l'animal.
AMANDA EST UNE VACHE LAITIÈRE DE RACE HOLSTEIN sélectionnée pour le comice agricole, qui aura lieu dans trois semaines. Son propriétaire est inquiet. En effet, depuis trois jours, sa production laitière a chuté d'environ 30 %. En parallèle, il a observé une baisse de son appétit. Confronté depuis plusieurs semaines à des acétonémies cliniques allant jusqu'à la forme nerveuse, l'éleveur sollicite notre intervention pour « retaper » Amanda et permettre sa présentation au concours.
À notre arrivée, Amanda s'est directement avancée au cornadis avec ses congénères après le passage de la mélangeuse. A priori, son appétit semble conservé. À distance, sa note d'état corporel est évaluée à 2,5, et son score de remplissage du rumen inférieur à 3 confirme les observations de l'éleveur. Son score de boiterie évalué par sa ligne du dos parfaitement horizontale et l'observation des membres postérieurs sont satisfaisants. Sa température rectale est de 38,8°C. Les fréquences cardiaque et respiratoire sont normales. L'auscultation du flanc gauche ne met pas en évidence un déplacement à gauche de la caillette, et les contractions ruminales sont intenses et régulières. Au fouiller rectal, les bouses ont une couleur, une consistance et une fibrosité normales.
L'HYPOTHÈSE DE L'ACÉTONÉMIE ÉCARTÉE
L'involution utérine est acceptable et le massage de l'utérus n'entraîne aucun écoulement par la vulve. Les muqueuses oculaires et vaginales sont rosées et le temps de remplissage capillaire inférieur à deux secondes. Aucun des ganglions superficiels explorables n'a augmenté.
Une prise de sang réalisée à la veine caudale permet la mesure de la glycémie et des corps cétoniques. Les valeurs respectives sont de 0,52 g/l et 0,6 mmol/l. L'hypothèse redoutée par l'éleveur d'une acétonémie est écartée. Devant l'absence de symptômes supplémentaires, un prélèvement d'urine par sondage est effectué. Les urines sont jaunes, assez claires et limpides. Une tigette est réalisée et ne révèle aucune anomalie.
Tous les paramètres évalués sont conformes, mais cette vache ne s'alimente pas correctement et chute de manière anormale en production.
LE RESPONSABLE ENFIN DÉCOUVERT
Devant cette énigme et le besoin de proposer une solution acceptable à l'éleveur, nous décidons d'explorer la cavité buccale en espérant trouver la cause de la baisse d'ingestion d'Amanda. L'intégrité de la dentition est confirmée, il n'y a pas d'odeur anormale et la langue, souple, est parfaitement mobile. Cependant, en attrapant manuellement celle-ci et en l'extériorisant, nous observons du côté gauche et en avant du torus lingual, un ulcère aigu d'environ 3 cm de long pour 2 cm de haut. Il provoque sans doute une douleur vive. Celle-ci, exacerbée lors de la mastication, est responsable de la chute de la prise alimentaire malgré un appétit conservé et a donc un impact sur la production laitière. L'ulcère, probablement d'origine traumatique, n'est pas traité en lui-même. Seul un traitement antalgique avec un anti-inflammatoire non stéroïdien est mis en place pendant trois jours.
Nous avons revu l'animal dix jours plus tard. L'éleveur est satisfait, Amanda s'alimente normalement et pourra participer au comice. Nous avons à nouveau ouvert la cavité buccale pour observer la lésion de la langue. La surface de l'ulcère est réduite de deux tiers et la partie centrale est en très bonne voie de cicatrisation.
Probablement d'origine traumatique, l'ulcère n'est pas traité en lui-même. Seul un traitement antalgique avec un anti-inflammatoire non stéroïdien a été mis en place. © CHRISTIAN WATIER et P.K.

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