En zone de montagne, compte tenu des semis tardifs nécessaires pour semer dans un sol réchauffé, difficile de disposer de sommes de températures suffisantes pour récolter un sorgho monocoupe à maturité. Dans ces conditions, le sorgho multicoupe, au cycle végétatif plus court, est envisageable pour une récolte en foin, enrubannage, ensilage ou au pâturage. En Haute-Loire, à 800 m d’altitude, au Gaec de Perouet, chez Joël et Daniel Larger, dans des sols volcaniques, 6 dérobées d’été ont été semées le 20 juillet après une orge d’hiver, dont 3 sorghos multicoupes : le sorgho Piper (sudan grass), un sorgho BMR et une association sorgho non BMR + pois fourrager + trèfle d’Alexandrie.
Résultat de cette première année d’essai : 4,2 à 4,7 tMS/ha en une seule coupe enrubannée, le 25 septembre, à l’aide d’une faucheuse conditionneuse et après quarante-huit heures de ressuyage au sol.
« Ce sont des rendements que l’on peut qualifier d’exceptionnels après seulement soixante jours de pousse », analyse Bernard Daudet, conseiller à la chambre d’agriculture. Précisons que la culture a bénéficié de 150 mm de pluie. Les valeurs après analyses en vert vont de 0,72 à 0,8 UFL pour les mélanges intégrant des protéagineux. Le conseiller reste néanmoins réservé sur l’intérêt d’associations avec des légumineuses. « Elles représentent à peine 2 % de la MS récoltée. »
Ces premiers résultats sont plus encourageants que ceux du Teff grass (3,6 t à 0,83 UF), ou de l’association colza-avoine (2,4 t à 0,9 UFL), semés à la même date. Quant à l’association moha-vesce velue, elle est aussi productive, mais moins riche (4,6 t à 0,79 UF). « Fauché avant épiaison, le sorgho offre une option intéressante pour sécuriser le système fourrager. Mais il faudra trois campagnes pour confirmer. »
De leur côté, les associés du Gaec de Perouet ont d’ores et déjà programmé de reconduire cette année la double culture méteil + sorgho multicoupe. Ils ont en effet arrêté depuis 2015 le maïs ensilage soumis aux aléas climatiques et aux attaques de sangliers. Le sorgho répond aux objectifs d’un troupeau à 6 500 litres (50 vaches, 2/3 montbéliardes et 1/3 holsteins). « C’est une culture facile à conduire, avec juste un labour et un peu de lisier (25 m3), sans traitements, pas chère (30 kg de semences par ha, soit 65 €/ha) et qui laisse un sol propre pour semer une céréale à l’automne. Pour une culture implantée tardivement, elle offre des rendements intéressants en vue de conforter nos stocks en cas de printemps sec », souligne Joël Larger.
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