La piroplasmose et l'anaplasmose sont deux maladies à évolution rapide quand les animaux n'ont pas d'immunité.
FIN AOÛT, JE SUIS SOLLICITÉE DANS UN ÉLEVAGE pour une laitière ayant brutalement chuté en lait et perdu son appétit. L'examen révèle une température de 40,3°C, un rumen arrêté, une légère déshydratation et un ictère (jaunisse). Une piroplasmose, maladie transmise par les tiques, est suspectée. En général, celle-ci donne des urines foncées, presque marron. Ce n'est pas le cas ici. Les urines contiennent de l'hémoglobine à la bandelette après sondage, mais rien de visible à l'oeil nu. Une anémie (pâleur des muqueuses) est également constatée. Plusieurs maladies provoquent ictère, anémie et fièvre, mais les principales hypothèses avancées ici sont la piroplasmose et l'anaplasmose, aussi transmise par les tiques. Cette vache réagira bien à un traitement à base d'oxytétracycline et d'imidocarbe, actif contre ces deux maladies. Une deuxième vache, avec les mêmes symptômes, réagira aussi positivement au même traitement quinze jours plus tard. Même si ces deux animaux sont revenus au lait, le fond du problème n'est pas résolu pour autant. Les tiques présentes sur la pâture sont porteuses de parasites qu'elles peuvent véhiculer à d'autres bovins.
Ces parasites se transmettent également à tous les stades de développement de la tique (larve, nymphe et adulte), et même à tous les descendants en ce qui concerne la piroplasmose. Il est donc illusoire d'assainir une zone contaminée. Bien souvent, un troupeau s'immunise mais l'introduction d'animaux non immunisés dans un pré à tiques contaminé peut conduire à la mort de plusieurs vaches si elles développent la maladie sans être vite traitées.
LIMITER LES DÉGÂTS EN ASSAINISSANT LES ZONES HUMIDES
La prévention passe en général par l'application d'un « antitique ». Mais actuellement, aucun produit ne donne entière satisfaction. Le débroussaillage et l'assainissement des zones humides peuvent aussi limiter les risques de piqûres. En effet, les principales espèces de tiques rencontrées dans nos régions apprécient les bois, les haies et une hygrométrie élevée. Mais rien ne remplace la surveillance quotidienne des animaux, car la piroplasmose et l'anaplasmose sont des maladies à évolution rapide quand les animaux n'ont pas d'immunité. Le traitement préventif à double dose d'imidocarbe (Carbésia) peut être nécessaire sur l'ensemble d'un lot si le nombre de cas graves est trop important. Mais il est très coûteux.
L'introduction d'un bovin porteur sain – sans signe de maladie – dans un pré où il y a des tiques entraîne leur contamination. Eux-mêmes recontamineront d'autres bovins.
De même, le changement de pâture de bovins porteurs de tiques entraîne la contamination de pâture saine. Lorsque l'on a des soucis de piroplasmose dans une pâture précise, il est plus prudent de traiter les animaux contre les tiques au changement de parc.
Il existe de nombreuses espèces de tiques qui vivent dans des lieux différents et se fixent à des endroits privilégiés sur l'animal, selon leurs stades de développement. Les femelles d'Ixodes ricinus se fixent sur l'aisselle, ou dans la région inguinale et la mamelle, zone où on ne les voit pas facilement. En revanche, les immatures de cette espèce préfèrent la tête et les membres.
La prévention et la lutte contre les maladies transmises par les tiques ne sont pas aisées. Dans les zones à risques, l'introduction d'animaux non immunisés conduit souvent à des cas cliniques graves. © CLAUDIUS THIRIET
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