Des cas de tuberculose ont été détectés dans des départements indemnes. Il faut être vigilant lors d'achats de bovins.
EN FRANCE, LA TUBERCULOSE BOVINE EST EN COURS D'ÉRADICATION malgré une remontée inquiétante du nombre de nouveaux foyers depuis 2004. Depuis trois ans, c'est approximativement une centaine de cheptels qui est infectée chaque année. Deux départements sont particulièrement touchés : la Côte-d'Or et la Dordogne, puisqu'ils totalisent près de la moitié des contaminations. D'autres départements sont moins atteints, mais connaissent régulièrement des cas et sont en dépistage obligatoire au niveau de la prophylaxie : Ariège, Bouches-du-Rhône, Charente, Corse-du-Sud, Haute-Corse, Gard, Hérault, Landes, Lot-et-Garonne et Pyrénées-Atlantiques.
DÉPLACEMENT VERS LA MOITIÉ NORD DE LA FRANCE
Plus inquiétant encore, la tuberculose a été trouvée dans des départements principalement situés dans la moitié Nord et qui étaient indemnes depuis plusieurs années : Aisne, Ille-et-Vilaine, Manche, Mayenne, Nord, Somme, mais aussi Doubs, Cantal, etc. Dans l'Orne, un cas importé de tuberculose bovine a été déclaré en décembre 2012, ce qui n'était pas arrivé depuis douze ans ! C'est l'achat d'un broutard infecté qui en était à l'origine.
Le risque d'« acheter » la tuberculose est donc réel et nécessite quelques précautions. Certes, la qualification « cheptel indemne de tuberculose » est obligatoire pour vendre des bovins, mais la maladie est insidieuse et les cheptels infectés ne sont fréquemment dépistés qu'avec plusieurs mois ou années de retard par rapport à la contamination. Dans l'intervalle, ils peuvent donc continuer à commercialiser leurs animaux... et diffuser la maladie.
Pour limiter ce risque, il est préférable de demander un dépistage par intradermotuberculination lors de la visite d'achat, celui-ci n'étant obligatoire que lorsque le délai de transport est supérieur à six jours. Certains départements, tels que le Calvados ou l'Orne, ont même obtenu des arrêtés préfectoraux pour généraliser le test à tous les bovins introduits depuis les départements en prophylaxie obligatoire.
Pour être efficace, l'intradermotuberculination doit être réalisée très rigoureusement. C'est un acte vétérinaire complexe. Le vétérinaire commence par identifier une zone précise de l'encolure et mesure l'épaisseur de la peau à l'aide d'un appareil, le cutimètre. Il injecte ensuite un réactif, la tuberculine, à l'endroit ciblé. Après soixante-douze heures, il revient dans l'élevage pour une nouvelle mesure de la peau au lieu de l'injection. Une bonne contention est donc indispensable pour être efficace et se protéger d'un éventuel comportement un peu vif de l'animal.
L'interprétation du test dépend de l'épaississement de la peau mais toute réaction, même légère, fera suspecter la maladie et retourner l'animal à l'envoyeur. Le coût du test est modique (3 €),mais il faut prendre en charge les deux déplacements du vétérinaire (compter 50 à 60 €).
La tuberculose ne doit pas faire oublier le dépistage des autres maladies lors des achats : IBR, BVD, paratuberculose, etc.
Autre mesure indispensable pour conserver une bonne qualité sanitaire : la quarantaine, au moins jusqu'à l'obtention des résultats des tests.
Le dépistage par intradermotuberculination permet de repérer les animaux infectés. Le vétérinaire mesure l'épaisseur de la peau au niveau de l'encolure, y injecte un réactif et revient 72 h plus tard pour une nouvelle mesure. © CLAUDIUS THIRIET
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