L'incorporation de luzerne en vert dans une ration à base de maïs a beaucoup d'intérêt mais attention à l'excès ou, cette année, aux ensilages de piètre qualité.
CAS D'ÉCOLE QUE CET ÉLEVAGE QUI TRAVAILLE L'HIVER AVEC UN FORT taux d'incorporation de luzerne dans sa ration maïs (environ 40 %). Au printemps dernier, une fois le silo d'ensilage de luzerne terminé, le responsable du troupeau décide de mettre en place un affouragement en vert pour profiter des surfaces de luzerne à proximité de l'exploitation et ensiler les plus lointaines. Les premières semaines lui donnent raison. Fauchée avant qu'elle ne soit au stade « fleurs » ou « passé fleurs », la luzerne distribuée en vert, en complément du maïs-ensilage, produit un effet très bénéfique dans un premier temps. Les vaches prennent un beau poil luisant et la production augmente sans que les animaux ne perdent d'état. Et cela sans autre changement dans la ration.
Les soucis sont arrivés au mois de juillet. Les animaux ont commencé à perdre de l'état et la production a baissé un peu. Pas étonnant avec une luzerne « passé fleurs » et des secondes coupes beaucoup moins riches en sucre, donc pénalisantes pour le niveau énergétique de la ration.
UNE VALEUR ALIMENTAIRE TRÈS DÉPENDANTE DU STADE DE RÉCOLTE
Les vaches ont par contre gardé un poil bien brillant, certainement grâce aux apports en carotène et en vitamines, surtout en vitamine A, de la luzerne. L'apport de luzerne a certes beaucoup d'avantages dans une ration à base d'ensilage de maïs. Elle économise une partie de l'achat des tourteaux en apportant des protéines. Elle sécurise la ration grâce à son effet mécanique (la présence de fibres gratte le rumen, stimule la rumination et active donc la salivation) et chimique car les feuilles sont riches en malate, sécurise le fonctionnement du rumen et limite les risques d'acidose. En revanche, le stade de récolte est essentiel pour garantir les qualités d'une luzerne. Comme pour l'herbe, ce dernier influe énormément sur sa valeur alimentaire, notamment sa richesse en sucres. Il faut alors soit apporter de l'énergie en plus pour compenser la moindre qualité alimentaire, soit repenser la ration en limitant les apports de luzerne à 2 kg.
Sur une ration à base d'ensilage de maïs, des études de l'Inra avaient établi un optimum d'apport de luzerne entre 2 et 4 kg de MS, sachant qu'une vache laitière moyenne ingère environ 20 kg de MS par jour. En deçà, on ne bénéficie pas de l'effet santé de l'apport de luzerne. Au-delà, on déconcentre la ration et on ne peut pas atteindre facilement de très hauts niveaux de production.
Dans ce cas précis, l'état du troupeau s'est amélioré en augmentant les apports en céréales et en continuant l'affouragement en vert pour une partie et en introduisant de la luzerne ensilage pour la deuxième partie. Une partie d'affouragement en vert avec un aliment riche en vitamine et carotène comme la luzerne, dans un troupeau en zéro pâturage, a un effet bénéfique sur la santé et la manifestation des chaleurs. Mais il faut être conscient des modifications de la composition et de la qualité des fourrages ainsi récoltés et suivre de près les animaux, leur production, leurs bouses et leur état.
Une partie d'affouragement en vert avec un aliment riche en vitamine et carotène comme la luzerne, dans un troupeau en zéro pâturage, a un effet bénéfique sur la santé. © GUTNER
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