L'examen en laboratoire vise à réduire l'impact économique des traitements contre les parasites digestifs.
ON POUVAIT IMAGINER QUE LA SÉCHERESSE DE L'ÉTÉ avait anéanti les parasites dans notre région (Lorraine), mais il n'en est rien ! Certains cheptels sont particulièrement sains. D'autres ont des niveaux de contamination parasitaire identiques aux années humides. Cela peut notamment s'expliquer par le surpâturage des zones les plus humides, ou par une forte concentration d'animaux sur des surfaces réduites à peau de chagrin. Compte tenu de l'allongement des délais d'attente, certains éleveurs ont aussi tendance à négliger l'administration des antiparasitaires d'automne afin de réduire le coût du traitement et les volumes de lait jetés. Selon les situations, cette impasse génère des niveaux de contamination parfois très élevés.
UNE STRATÉGIE DIFFÉRENCIÉE SELON LE TYPE DE PARASITE
Plus que jamais, dans ce contexte économique difficile pour les éleveurs, il faut privilégier une approche au cas par cas. Une méthode qui consiste à se fier aux analyses en laboratoire vétérinaire pour décider de la stratégie de traitement à adopter : elle dépend du niveau d'infestation propre à chaque cheptel, à chaque catégorie d'animaux et à chaque type de parasite.
De manière générale, il ressort que les génisses et les primipares sont sensibles aux strongles digestifs. Le traitement à la rentrée à l'étable se justifie dans quatre cas sur cinq. Précisons que certains traitements contre les strongles ne sont pas efficaces sur les larves enfouies dans les tissus de la caillette et des intestins pour y hiverner et se réveiller au printemps. On utilisera donc un traitement d'hiver adulticide et larvicide de courte durée d'action, car il n'y a pas de risque de recontamination à l'étable. Concernant les vaches adultes, une mesure de densité optique du lait de mélange permettra de vérifier l'intérêt du strongylicide.
Les grandes douves sont quant à elles relativement discrètes cette année en raison de la sécheresse. Mais quelques contaminations ne sont pas à exclure sur des lots restés très tard en pâture.
TOUS LES DEUX ANS
Une molécule douvicide (triclabendazole), il y a peu encore interdite, est désormais autorisée jusqu'à six semaines avant vêlage et donc applicable au moment du tarissement. À noter que les analyses de lait de grand mélange peuvent se révéler négatives si moins de 50 % des vaches traites sont contaminées. Une analyse individuelle (coprologie ou sérologie) d'un échantillon d'animaux issus de lots à risques permettra de confirmer l'intérêt de traiter.
Les paramphistomes sont, eux, toujours présents, mais à des niveaux variables. Ici, la décision de traiter dépend plus du nombre d'animaux dont les analyses coprologiques sont positives que du nombre d'oeufs observés à l'analyse des selles. En effet, les paramphistomes s'accumulent d'année en année dans la panse des vaches et réduisent d'autant leurs performances. Une seule molécule est disponible (oxyclozanide), hélas sanctionnée par un délai d'attente dans le lait. Mais elle est aussi efficace sur les grandes douves adultes. Un traitement tous les deux ans semble un compromis acceptable dans la plupart des cheptels.
L'élevage hors sol ne présente généralement pas de parasites digestifs. Mais les veaux sont régulièrement infestés par des coccidies, des ascaridés ou certains protozoaires. Là encore, seule l'analyse des selles permet de confirmer la présence de tel ou tel parasite.
Préservés par la sécheresse d'été, certains lots d'animaux ont pu être contaminés par la douve en raison de la prolongation du pâturage. © JEAN MICHEL NOSSANT
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