À tort, certains se laissent tenter par l'arrêt des traitements contre la douve, pour se contenter de ceux contre les strongles.
À QUOI BON SUPPLÉMENTER, ENRICHIR EN VITAMINES, CHERCHER À BOOSTER une ration si la vache est parasitée, notamment si son foie est envahi de petites ou de grandes douves. Cette évidence, nombre de régions l'ont oubliée, à l'instar de la Bourgogne qui avait l'habitude de vermifuger contre la douve. Il est vrai que dès que les abattoirs ont cessé de transmettre des résultats de foies douvés et que les coproscopies ont été négatives à plusieurs reprises, il était tentant d'arrêter ces vermifuges coûteux et fastidieux à administrer pour se contenter de traiter les strongles. Certains éleveurs en ont malheureusement fait les frais.
UNE DURÉE DE VIE ALLANT JUSQU'À SIX ANS
Les douves vivent plusieurs années dans un foie (jusqu'à six ans pour la grande douve) et un effet cumulatif s'observe. Résultat : en l'absence de vermifugation, la population de douves dans le foie s'accroît.
Autre point fondamental : une coproscopie négative n'est pas la garantie d'un foie non-douvé. Cette technique n'est pas pertinente pour la grande et la petite douve du fait de la ponte faible et irrégulière de ces deux parasites et de la nécessité d'une vidange de la vésicule biliaire pour que les oeufs partent dans l'intestin et puissent être détectés…
Les conséquences d'une non-vermifugation contre ces deux parasites peuvent être graves. Cela vaut autant en élevage allaitant que laitier, le foie étant un organe central très sollicité chez nos vaches hautes productrices. Tout le métabolisme de la vache passe par lui. Son mauvais état sanitaire peut entraîner moult problèmes : des baisses de production, une mauvaise valorisation de la ration, une utilisation plus difficile des réserves graisseuses, notamment au début de la lactation.
SEULS MOYENS DE DETECTION : LA SÉROLOGIE ET LA COPROSCOPIE
Ce peut être aussi la cause d'un colostrum de moins bonne qualité immunologique, pouvant aboutir à des problèmes de diarrhées plus importants sur les veaux ou à des pathologies néonatales difficiles à maîtriser malgré la vaccination des mères. Un foie peut être douvé sans que la vache soit maigre ou présente des signes cliniques de parasitisme tels que la diarrhée, l'anémie…
Pour mettre en évidence ces deux parasites de façon fiable, il n'y a que deux armes possibles. Pour la petite douve, il faut réaliser des coproscopies sur les bouses de quatre à cinq bovins, à plusieurs périodes de l'année, car elles ne pondent pas en permanence. Pour la grande douve, la détection passe par des sérologies sur quatre à cinq animaux. Si l'un de ces deux examens est positif, même faiblement, il faut traiter le troupeau ou au moins les lots qui ont pâturé dans les mêmes prés.
Peu de produits sur le marché permettent de traiter efficacement. On ne peut détruire que les formes adultes en ce qui concerne la petite douve. En revanche, avec le triclabendazole (Fascinex ND), il est possible de détruire la grande douve sous ses formes adultes ou immatures à partir de deux semaines.
Baisse de production, mauvaise valorisation de la ration, utilisation plus difficile des réserves graisseuses en début de lactation, colostrum de moins bonne qualité… On sous-estime à tort les effets d'un foie douvé sur une laitière. © CHRISTIAN WATIER
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