grand reporter
Des conditions pédoclimatiques idéales, la présence des leaders mondiaux du lait, une image de qualité : les atouts de la filière laitière française ne font aucun doute. Et pourtant…
Le Finistère, cette pointe de terre où l’herbe pousse presque toute l’année, voit sa production laitière reculer. Celle de la Bretagne atteint un palier. En avance sur l’agrandissement, le Finistère l’est peut-être aussi sur le découragement.
Si les éleveurs abandonnent dans un bassin aussi bien servi par la nature, où se fera le lait demain ? Les industriels comptent sur le légendaire dynamisme breton, en oubliant qu’il s’est toujours appuyé sur des perspectives de progrès. Ce sont elles qui font défaut aujourd’hui. Les éleveurs ont travaillé dur et pris des risques parce qu’ils y croyaient. Beaucoup n’en recueillent pas les fruits. Le manque de rentabilité du lait est criant.
Bien sûr, la passion est toujours là, et c’est une chance. Bien sûr, certains éleveurs ont gagné leur pari sur l’agrandissement et d’autres vivent très bien avec du bio ou de l’herbe. Mais ce ras-le-bol – qui se traduit désormais dans les chiffres – doit interpeller. Les laiteries d’abord, trop habituées à sous-payer une matière première qu’elles croient indéfiniment disponible. Les politiques, aussi, qui ont la responsabilité de fixer des règles équitables. Les consommateurs enfin, qui ne comprennent pas les dangers liés à la stagnation sans fin des prix des produits alimentaires.
Car si le dynamisme est contagieux, le découragement l’est tout autant.
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