Réduction de la production laitière, retour de l’inflation, explosion des coûts de l’énergie. Autant de facteurs qui bouleversent les équilibres laitiers partout dans le monde, et que personne n’avait prévus. Pour Fabien Choiseau, directeur des achats de lait de Lactalis en France, ce contexte devrait perdurer jusqu’à fin 2022. Mais bien malin qui pourrait dire ce qui se passera ensuite. Il intervenait le 9 juin à l’assemblée générale d’OPLB (1).
Demande de hausse de tarif de 18 %
« Nous sommes repartis en négociation avec la grande distribution. Nous demandons une hausse de 18 %, afin de couvrir l’augmentation du prix du lait mais aussi celle de nos coûts industriels », explique-t-il. Les discussions se poursuivent et Fabien Choiseau s’agace un peu de constater encore une fois que l’application de la loi Égalim est à géométrie variable. Sans les citer, il vise probablement les coopératives qui n’ont toujours pas établi de formules de prix intégrant le coût de production. Il avoue que ces difficultés à les répercuter font planer une menace sur les résultats de Lactalis.
L’impact de l’inflation sur la consommation future de produits laitiers constitue une autre inconnue, tout comme celui du découragement actuel des éleveurs quant au renouvellement des générations. « Je suis bien conscient du fait que les producteurs ont besoin, poursuit-il, d’un prix rémunérateur, mais cela ne suffit pas à rendre le métier attractif. »
L’export reste majeur pour le prix du lait
Lactalis France reste excédentaire en lait d’environ 30 %, et une légère baisse de la collecte ne lui pose pas de problème. Mais l’entreprise a besoin des marchés export, et là, l’incertitude vient encore une fois de la Chine. Nul ne sait si elle restera aux achats, et le prix du lait dépendra aussi de ce comportement.
Malgré ces secousses, Fabien Choiseau confirme que le niveau d’investissement de Lactalis en France reste supérieur à ce que le groupe réalise ailleurs. Une preuve de sa volonté de maintenir son ancrage dans l’Hexagone.
(1) OPLB : OP Lactalis Bretagne, 181 Ml de lait, 247 adhérents.
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