Lors des confinements de 2020, la consommation de lait liquide a bondi, après plus de dix ans de baisse : + 4,9 % en volume vs. 2019. Ce produit avait retrouvé sa place au petit-déjeuner et en cuisine. Avec le retour des activités extérieures, sa consommation a repris son rythme d’évolution pré-Covid : 2,84 milliards de litres vendus en France en 2021, soit - 2,5 % par rapport à 2019 et - 5,6 % par rapport à 2020. « Le marché du lait liquide représente encore, en valeur, 12,5 % de l’ensemble des produits laitiers vendus en grande distribution, derrière les fromages et l’ultra-frais. Un chiffre d’affaires qui a progressé de + 1,2 % en 2021 par rapport à 2019 », note Syndilait, l’organisation professionnelle des fabricants de laits liquides.
Spécificité française, ce marché est dominé par le lait UHT de longue conservation : 96,5 % des achats en grande distribution. Si les ventes de lait UHT standard continuent leur baisse en 2021 (- 7,2 %), ce n’est plus le cas du lait UHT entier. Les consommateurs auraient donc conservé l’habitude de la cuisine faite maison adoptée pendant le confinement. En 2021, les laits spécifiques (aromatisés, pour enfant…) voient aussi leurs ventes progresser, tout comme les laits engagés qui font référence à la rémunération des producteurs ou à certains labels nutritionnels : 14,7 % de parts de marché (+ 0,9 point en seulement deux ans).
En 2021, le prix de vente consommateur des laits liquides en grande distribution a plafonné à 0,99 €/l en moyenne, soit seulement + 2,1 % par rapport à 2020. Le lait UHT demi-écrémé – le plus vendu en France – n’a, lui, augmenté que de 1,5 %, à 0,83 €.
Une filière en danger, par manque de perspectives
Simultanément, les transformateurs subissent une hausse des coûts de production (énergie, emballages, transport, lait) de 8 à 10 %, et estimée entre + 15 % et + 20 % en 2022. « Nous devons absolument crever ce plafond de verre de 1 € le litre de lait. Sinon, la filière sera en danger et ne pourra plus assurer la souveraineté alimentaire de la France. Rappelons que 98,5 % du lait consommé est collecté et conditionné en France. La baguette de pain, la boîte de six œufs sont à plus de 1,10 ou 1,20 €. Pourquoi pas le lait qui, à ce prix, reste une source de protéines encore très abordable ? », insiste Éric Forin, président de Syndilait.
Pour les transformateurs, les hausses de tarifs obtenues auprès des distributeurs sur les marques et les MDD sont insuffisantes. « Nous sommes un des seuls pays en Europe où les hausses sont quasiment impossibles. Les transformateurs allemands ont pu obtenir de leurs distributeurs jusqu’à + 40 %. C’est toute notre filière qui s’appauvrit. Certains n’ont pas encore conscience du risque de baisse définitive de la collecte. Il faut donner des perspectives aux éleveurs, sinon beaucoup produiront bientôt autre chose », alerte Emmanuel Vasseneix, P.-D.G. de LSDH.
Dominique Grémy
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