Ne crachons pas dans la soupe. L’annonce en fanfare, à coup de publicité dans la presse grand public et agricole, du premier contrat tripartite de E.Leclerc est à saluer. Elle a tout d’une réponse du berger à la bergère à son grand rival Lidl, qui depuis longtemps déjà a fait de la transparence du prix du lait payé aux producteurs son cheval de bataille médiatique.
Un dérisoire 40 € de plus par exploitation attendu
En annonçant engager pour trois ans, à compter de la mi-juin, 100 % de ses 200 Ml annuels de lait demi-écrémé UHT sous MDD, Leclerc marque les esprits. Mais ce n’est pas cela qui va booster le prix du lait conventionnel à hauteur des 403 € TPQC estimés par le Cniel pour le coût de production à 2 Smic en plaine. Pas plus que cela ne permettra de digérer la flambée du coût des aliments observée depuis. Le plus qui reviendra aux 25 000 livreurs Lactalis (68 Ml), Sodiaal-Lact’Union-Terra Lacta (87 Ml) et LSDH (45 Ml) concernés est en effet dérisoire. La hausse de 5 € annoncée pour porter le prix de base à 370 € fera + 40 € par exploitation en année pleine… Et sous réserve que Leclerc ne cherche pas à récupérer ces 5 € dans les futures négociations sur ses autres produits laitiers sous MDD.
10 % des achats de E.Leclerc
Ces 200 Ml sont aussi à relativiser par rapport à l’ensemble des volumes de lait, tous produits laitiers confondus, achetés par E.Leclerc aux laiteries françaises. Ils ne pèsent, d’après notre estimation, que 10 % de ses achats (1). Le principal meneur de cette guerre des prix, qui a fait disparaître tant de producteurs de lait, devra donc faire beaucoup plus pour vraiment aider la filière française. Et on touche là les limites de la loi du marché. Leclerc ne le fera que si tous ses concurrents entrent dans le jeu des contrats tripartites… Et ils ne le feront que si les consommateurs acceptent de payer leurs produits laitiers quelques centimes de plus.
(1) Leclerc pèse plus de 20 % des achats des ménages, ces derniers se montant à hauteur de 10 Mdl équivalents lait sur les 23 à 24 Mdl produits en France.
Au Gaec de la Thébaudière (35), deux robots VMS 310 DeLaval ont changé la donne
Manitou, Duro, Arland, Laforge… Reportages au cœur du machinisme à la française
God Save the Beef : les races britanniques gagnent du terrain dans les prés français
« La seconde salle de traite nous aidera à résister à la baisse du prix du lait »
Le gouvernement veut appliquer des mesures fiscales en faveur des agriculteurs
Viande bovine : + 8 % en rayon, contre + 34 % payés aux producteurs
Les systèmes robot de traite redeviennent plus compétitifs que les salles de traite
« Bloquer les abattages, c’est risquer la dermatose bovine dans toute la France »
Taxe carbone : l'UE fait finalement une exception pour les engrais
Une réforme du calcul des cotisations sociales agricoles à compter du 1er janvier 2026