Depuis l’obtention de son IGP en 2013, le saint-marcellin IGP est confronté à un déséquilibre permanent : 40 % du lait collecté n’est pas vendu sous le signe de qualité. Économiquement, c’est très pénalisant. Pour valoriser ces 13 Ml de lait, un projet de nouvelle IGP, le saint-félicien, a été lancé en 2016. La démarche, portée par l’Union des producteurs de saint-marcellin (OP), concernerait près de 200 producteurs, pour un marché estimé entre 3 000 et 3 200 t.
Alors que des groupes laitiers majeurs (Lactalis, Eurial) ont repris des petites laiteries, le premier objectif est de fixer la production sur le territoire. « Une IGP, voire une AOP, réduirait les risques de délocalisation et contribuerait à maintenir la dynamique laitière qui permet la valorisation de l’herbe des coteaux », précise Jean-Michel Bouchard, président du Comité de promotion du saint-félicien.
« Ne pas nous enfermer dans un cadre qui empêcherait de s’adapter »
La mise au point du futur cahier des charges, bien avancée sur la partie transformation, se révèle plus ardue sur le volet des conditions de production. Tenir compte de l’évolution climatique, et de la certification HVE qui s’imposera aux signes de qualité à partir de 2030, est indispensable. Pour limiter les surcoûts de collecte, les entreprises souhaiteraient caler le cahier des charges sur celui du saint-marcellin (180 jours de pâturage, 50 % de part d’herbe dans la ration…). Mais celui-ci a été élaboré dans un contexte climatique et économique désormais différent. Alors que les sécheresses s’enchaînent, il devient difficile d’assurer du fourrage en quantité et qualité. Prévoir d’apporter du foin et de l’enrubannage au pré serait sans doute plus sage, comme d’alimenter le troupeau avec les nouveaux fourrages développés pour compenser le manque d’herbe (sorgho, ensilage maïs, méteils).
Dans ce contexte et face aux inquiétudes des producteurs vis-à-vis de contraintes nouvelles sans valorisation supplémentaire, prendre le temps d’écouter et d’échanger est essentiel. « Nous devons veiller à ne pas nous enfermer dans un cahier des charges qui ne permettrait plus aux producteurs de s’adapter », souligne Jean-Michel Bouchard.
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