Je suis officiellement seule sur la ferme
depuis le 1er février et le départ en retraite de ma mère. Le robot de traite, mis en service il y a deux ans, visait aussi à anticiper cette situation. Je ne le regrette pas. Cet investissement m’apporte un vrai confort et fonctionne bien : le troupeau tourne actuellement à 39 litres de lait, à 200 jours de lactation. Il y a aussi la conduite des cultures, avec un parcellaire éclaté : 1/3 des terres sont à proximité de la ferme, mais, pour les plus éloignées, je dois faire jusqu’à 12 km, ce qui est très contraignant, en particulier pour les chantiers de récolte ou l’épandage du lisier. Je recours beaucoup à l’ETA pour compenser, mais quoi qu’il arrive, l’élevage implique d’être toujours disponible. Mon niveau de rémunération reste insuffisant au regard de mes responsabilités et de la somme de travail quotidienne. La hausse du prix du lait ne permet pas encore d’équilibrer celle des charges et, surtout, il y a un manque de visibilité à long terme pour envisager de recruter un salarié. Il faut absolument que ma coopérative parvienne à passer de nouvelles hausses auprès des GMS pour revaloriser le prix A. C’est presque choquant que les PGC France ne puissent être valorisés à plus de 370 €, alors que du lait part au bout du monde pour plus de 500 €. Depuis 30 ans, la distribution a absorbé tous nos gains de compétitivité. Mais nous sommes arrivés au bout de cette logique de volume. Le consommateur devra peut-être accepter de payer le litre de lait 10 cts de plus si l’on veut encore des producteurs demain.
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