Après le Covid, la guerre en Ukraine nous fait prendre conscience de la dépendance de nos approvisionnements, qu’ils soient énergétiques ou agricoles. Les délais concernant les livraisons de matériel ne cessent de s’allonger : nous allons devoir attendre neuf mois la charrue de notre Cuma. Idem pour le tracteur !
Que le prix de l’électricité soit tellement sensible au cours du gaz, alors que cette dernière est produite en France à plus de 90 % par le nucléaire, l’hydroélectricité et les renouvelables, et que le gaz ne représente qu’autour de 20 % de notre consommation énergétique, tout cela nous interpelle.
Notre monde interconnecté et libéralisé se révèle très fragile. Alors que notre pays semblait reparti vers une bonne croissance, des événements, difficilement prévisibles il y a quelques mois, remettent en cause nos perspectives.
En bio et en polyculture élevage, nous sommes heureusement moins concernés par l’explosion du prix des engrais. Nous sommes contents d’être dans ce système de production résilient, mais préoccupés toutefois par la faible dynamique du marché. Est-ce bien le moment pour introduire le nouveau label Bio France avec de nouveaux critères sociaux et de biodiversité ? Pas sûr que le marché actuel soit capable de rémunérer ces nouvelles avancées. Le pouvoir d’achat de la plupart des consommateurs n’est pas extensible. Ne doit-on pas plutôt produire ce qui est demandé, et non pas ce que certains voudraient que les gens consomment ? Que ce soit en matière de bio, voire de produits sous signe de qualité AOP-IGP, n’est-on pas en train d’atteindre un certain seuil d’acceptation économique ?
Dans le contexte actuel, la stratégie française de montée en gamme ainsi que la politique européenne De la Fourche à la fourchette (1) semblent inadaptées. Brutalement, les vérités d’hier se révèlent ne plus forcément être celles d’aujourd’hui. »
(1) Elle se traduirait par une baisse de 13 % de la production agricole européenne.
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