La livraison de notre lait en bio depuis début novembre
est l’aboutissement d’une démarche engagée il y a un an et demi, avec la modification de l’assolement et des pratiques : suppression des cultures de vente, développement des méteils grain (triticale-pois) et de la luzerne.
Pour faire la jonction entre les deux systèmes, il a fallu, ce printemps, acheter des céréales bio coûteuses
(1)
. Des investissements en matériel ont par ailleurs été nécessaires : herse étrille (12 000 €) et bineuse (40 000 €)
(2)
.
Nous n’avons pas fait le choix du bio par idéologie, en opposition au conventionnel, mais pour suivre la demande du marché et aller chercher une valeur ajoutée supplémentaire – bien qu’en tomme de Savoie IGP, nous soyons déjà sur un marché sain et rémunérateur. Se passer de pesticides et mettre en place de nouvelles cultures est motivant.
La transition s’est réalisée dans un contexte de changement climatique radical, avec quatre années très difficiles sur les six dernières. Depuis 2015, on ne fait nos stocks qu’avec la luzerne. Et désormais, c’est plus la météo que le mode d’exploitation (bio ou pas) qui définit les rendements, comme l’illustrent les quantités récoltées en maïs : 30 q/ha en 2018 en conventionnel, 65 q en 2019 (première année de transition bio), 30 à 65 q selon les parcelles cette année. »
(1) 20 t d’orge et 35 t de maïs (à 400 €/t pour ce dernier).
(2) Hors subventions PCAE.
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